Chaque semaine, Total Baroque Magazine vous propose une analyse détaillée d’un album récent dédié à la musique ancienne.
Des Lamentations de Jérémie à la Passion selon saint Jean, Vox Cantoris parcourt avec ce nouvel album près de deux siècles de musique sacrée en Nouvelle-Espagne. Sous la direction de Jean-Christophe Candau, l’ensemble fait entendre un répertoire où l’héritage polyphonique ibérique se transmet et se transforme, d’Hernando Franco à Manuel de Sumaya.
Bernard Foccroulle revient aux sources. Sur les orgues historiques des anciens Pays-Bas, l’organiste belge fait revivre pour Ricercar un répertoire des XVIe et XVIIe siècles dont il révèle, sans effet, la force, les couleurs et l’intimité.
Comment retrouver les couleurs que Bach pouvait imaginer à l’orgue ? Dans son intégrale de la troisième partie de la « Clavier-Übung », Maurizio Croci s’appuie sur les indications de registration laissées par Georg Friedrich Kauffmann, contemporain du Cantor. Sur l’orgue Treutmann de Grauhof, construit en 1737, il propose ainsi une lecture renouvelée de l’un des grands monuments de l’œuvre pour orgue du maître allemand.
Que nous disent Couperin, Forqueray, Marais et Rameau lorsqu’ils se portraiturent les uns les autres en musique ? Avec « Carré d’As », Les Timbres réunissent autoportraits, hommages et évocations pour faire apparaître, derrière quatre grands noms du baroque français, autant de tempéraments et de regards croisés.
Comment faire entendre les sonates en solo de Haendel quand leur histoire éditoriale, leurs sources et parfois même leur destination instrumentale restent mouvantes ? Édité dans la série « Preziosa » de MDG, ce double album du Ganassi Consort avec Anne Röhrig ne choisit pas l’uniformité : il confie ce corpus à tout un éventail d’instruments anciens pour restituer, au plus près des usages, la diversité d’un Haendel de chambre tour à tour chantant, dansant, théâtral et inventif.
Pour son premier récital chez Harmonia mundi, Gabrielle Rubio revient aux compositeurs qui ont donné à la flûte traversière française ses premières lettres de noblesse. De Michel de La Barre à Michel Blavet, en passant par Hotteterre, Philidor, Boismortier et Couperin, la jeune flûtiste compose un voyage entre danses, rêveries et clair-obscur, dans l’intimité feutrée de la Chambre du roi puis des salons du XVIIIe siècle.
Giovanni Acciai et Nova Ars Cantandi rendent à la lumière les « Motetti pastorali per la solennità del Santo Natale » d’Antonio Domenico Nola, vaste fresque napolitaine pour quatre voix et basse continue restée dans l’ombre pendant près de quatre siècles. Entre narration sacrée, polyphonie expressive et réminiscences des traditions populaires de Noël, cet enregistrement révèle une figure encore méconnue de la musique napolitaine à la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles.
Avec « Clavecins concertants », Olivier Fortin et Emmanuel Frankenberg transposent sur deux clavecins tout un théâtre orchestral français, de Lully à Rameau en passant par Marais, d’Anglebert, Chambonnières, Lebègue et Forqueray. Ouvertures, chaconnes, airs de danse et pièces célèbres trouvent dans ce dispositif une ampleur nouvelle : les deux instruments ne se contentent pas de dialoguer, ils recomposent à eux seuls les couleurs, les reliefs et l’énergie d’un orchestre baroque.
Dans « Spiritillo Mediterraneo », la violoniste espagnole Cristina Prats Costa suit la trace d’un petit esprit baroque, vif et malicieux, pour faire voyager son violon entre ports, cours méditerranéennes et traditions (em)mêlées. De Falconieri à Vivaldi, de Matteis aux danses espagnoles de Sanz, Murcia et Nebra, son premier album solo transforme la Méditerranée en théâtre d’invention, où l’ornementation devient récit.
Avec « Bestiario », l’ensemble Les Impertinences plonge dans un XVIIᵉ siècle libre, brut et virtuose, où les instruments imitent les animaux, les corps, les cris, la danse et le tumulte du monde. Autour de Biber, Farina, Uccellini ou Du Mont, Pablo Agudo López revendique un baroque indiscipliné, nourri par l’improvisation et les traditions latino-américaines.