Le nom de Marie Nadeau-Tremblay est monté comme une fusée dans le ciel baroque québécois de ces dernières années. La colorée violoniste, qui multiplie les projets discographiques loin des sentiers battus, se dévoile sur son parcours, ses conceptions esthétiques et la place de l’art dans la société nord-américaine aujourd’hui.
À 23 ans, la musicienne française Manon Papasergio trace déjà un parcours original entre viole de gambe et harpes anciennes, qu’elle met au service de répertoires peu explorés, de la Renaissance aux seuils du baroque. Invitée par des ensembles tels que Les Musiciens de Saint-Julien ou Il Caravaggio et autrice d’un premier disque remarqué, elle avance avec une curiosité musicale insatiable et un refus assumé des frontières.
À la tête d’El Gran Teatro del Mundo, Julio Caballero façonne depuis dix ans une esthétique centrée sur le répertoire du français du XVIIe siècle et née d’un retour original aux sources, d’un travail minutieux sur la déclamation et d’un goût affirmé pour la théâtralité. De Berne à Madrid, des Lullistes à Rameau : récit d’un ensemble qui fait de chaque projet une relecture informée mais libre des codes du Grand Siècle et au-delà.
Depuis une décennie, le quatuor français des Kapsber’girls s’approprie les pages oubliées du répertoire baroque. Porté par un travail approfondi de recherche et d’écriture, l’ensemble élabore des programmes originaux, pensés pour la scène et nourris d’un goût affirmé pour l’expérimentation. Leur parcours met aussi en lumière les conditions concrètes de production et de diffusion aujourd’hui, entre exigences artistiques, gestion et évolutions du secteur.
À Cleveland comme à Londres, Apollo’s Fire déjoue les discours sur le déclin de la musique classique. Fondé en 1992 par la claveciniste et cheffe Jeannette Sorrell, l’ensemble s’est imposé en quelques décennies comme l’un des plus dynamiques du paysage baroque américain. Entre fidélité à l’“affekt” et audace des programmes, il séduit un public toujours plus large, porté par une énergie scénique et une vision artistique intactes.
Formé à Caracas puis au Conservatoire de Paris, le sopraniste Samuel Mariño à la voix cristalline et haut perchée raconte comment il a échoué à son diplôme parce qu’il n’était pas contre-ténor, comment il déniche ses costumes de scène flamboyants dans des friperies, et pourquoi il rêve d’un monde plus bienveillant que celui dans lequel il a passé son enfance.