Jonathan Sells : faut-il transformer les œuvres pour les rendre plus attrayantes ?

→Fondateur de l’ensemble Solomon’s Knot et actuel chef du Monteverdi Choir, Jonathan Sells revient sur l’évolution de l’opéra baroque au cours des dernières années. À l’heure où les productions recourent de plus en plus aux transpositions, aux ajouts et aux effets spectaculaires, le chanteur et chef d’orchestre britanno-suisse s’interroge sur la manière de faire vivre la musique ancienne sans pour autant la dénaturer. Les 3, 8 et 10 octobre, il retrouvera Solomon’s Knot pour la « Messe en si mineur » de Bach à Leipzig, Anvers et Londres.

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Jonathan Sells : faut-il transformer les œuvres pour les rendre plus attrayantes ?
Jonathan Sells dirigeant le Monteverdi Choir & Orchestra en 2025, pour le spectacle "Sing to the Lord a new song: Bach, Handel and Purcell masterpieces" à la Chapelle Saint Pierre Saint Paul du Old Royal Naval College à Londres. © Monteverdi Choir & Orchestra

Jonathan Sells est récemment allé voir un opéra à Paris. Et il a détesté. « Je me suis dit : “Est-ce que je suis en train de vieillir ?” Il y avait tellement d’interventions sur le matériau musical. Pas seulement en supprimant des passages, en ajoutant des instruments ou en gonflant artificiellement les choses – tout était sans cesse tiré dans tous les sens. » Le chanteur et chef d’orchestre britannico-suisse de 44 ans s’inquiète, peut-être plus encore en France, de voir tout cela devenir « un peu postmoderne ». Son parcours n’est pourtant pas celui d’un “traditionnaliste” : jouer sans partition, explorer les marges du répertoire, réinventer les formats jusqu’à l’extravagant L’Ospedale donnée en 2015 à Londres, mais toujours pour revenir plus profondément au texte, à la structure et à l’écoute collective – exigences absolues de son ensemble. De Purcell à Bach, de Solomon’s Knot au Monteverdi Choir, Sells cherche moins à moderniser le baroque qu’à retrouver sa puissance vive, voire son goût du risque.

La tentation de la surenchère

Angel

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