Jonathan Sells est récemment allé voir un opéra à Paris. Et il a détesté. « Je me suis dit : “Est-ce que je suis en train de vieillir ?” Il y avait tellement d’interventions sur le matériau musical. Pas seulement en supprimant des passages, en ajoutant des instruments ou en gonflant artificiellement les choses – tout était sans cesse tiré dans tous les sens. » Le chanteur et chef d’orchestre britannico-suisse de 44 ans s’inquiète, peut-être plus encore en France, de voir tout cela devenir « un peu postmoderne ». Son parcours n’est pourtant pas celui d’un “traditionnaliste” : jouer sans partition, explorer les marges du répertoire, réinventer les formats jusqu’à l’extravagant L’Ospedale donnée en 2015 à Londres, mais toujours pour revenir plus profondément au texte, à la structure et à l’écoute collective – exigences absolues de son ensemble. De Purcell à Bach, de Solomon’s Knot au Monteverdi Choir, Sells cherche moins à moderniser le baroque qu’à retrouver sa puissance vive, voire son goût du risque.
La tentation de la surenchère
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