À 29 ans, Olivier Bergeron trouve en Charpentier un terrain presque idéal : celui d’une basse-taille entre clarté du baryton, souplesse de la déclamation et exigence de la langue française. Après avoir pris part, en janvier, au programme Les Victoires de Louis XIV avec Le Concert Spirituel sous la direction d’Hervé Niquet, enregistré pour Château de Versailles Spectacles, il retrouvera cet été le compositeur avec Les Arts Florissants et William Christie. Lauréat de la 12e édition du Jardin des Voix, il interprétera La Discorde dans Les arts florissants, puis Apollon et Titye dans La Descente d’Orphée aux Enfers, lors d’une tournée nord-américaine passant par Toronto, Lanaudière, Tanglewood et Caramoor. Formé entre le Conservatoire de musique de Montréal, l’École normale de musique de Paris et l’Atelier lyrique d’Opera Fuoco, passé par l’Atelier lyrique du Verbier Festival, le baryton québécois s’impose comme l’une des voix à suivre de la nouvelle génération. Lauréat du Prix Choquette-Symcox 2018, soutenu par la Fondation JM Canada, la Fondation Royaumont et l’Art Song Foundation of Canada, il mène une carrière entre Europe et Amérique du Nord. Résolument tourné vers la musique ancienne et le répertoire français, il ne renonce pas pour autant à Mozart, au bel canto ni à la mélodie, et chantera Papageno dans La Flûte enchantée à Montréal à l’automne.
À propos de Charpentier : La Discorde dans Les arts florissants, Apollon et Titye dans La Descente d’Orphée aux Enfers… Ces rôles ont tous été créés par un seul interprète, Pierre Beaupuis. Vous êtes-vous intéressé à son histoire ?
Olivier Bergeron : C’est drôle que vous m’en parliez. Quand j’ai reçu les partitions, je me suis rendu compte que le nom de Beaupuis était écrit au niveau de la ligne de basse-taille. Selon moi, la plus belle musique de Charpentier se retrouve dans ces lignes-là.
Basse-taille, dites-vous ?
O. B. : En effet, l’appellation de la catégorie vocale « baryton » n’existait pas encore. Quand on regarde de près la musique composée par Charpentier pour Beaupuis et Germain Carlier, les deux basses-tailles au service de la duchesse de Guise, on remarque souvent des notes optionnelles plus aigües. Tout porte à croire que Beaupuis était plus baryton que basse, comme on dirait aujourd’hui. Pour moi, c’est très intéressant de trouver quelqu’un qui a vécu il y a 400 ans, à une tout autre époque, et qui partage des caractéristiques vocales similaires aux miennes.
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