Si le XVIe siècle est aussi le témoin des conflits politico-religieux qui déchirent l’Europe pour donner suite à la réforme de Luther, la musique religieuse accompagne ces changements entre œuvres de l’obédience catholique romaine et celles de l’Europe réformée, luthérienne ou calviniste. Un profond bouleversement qui conclut cette série sur l’Europe Musicale de la Renaissance signée par le musicologue belge et directeur du label Ricercar, Jérôme Lejeune.
La musique religieuse en France
Par rapport à l’Italie où les chapelles apparaissent dans toutes les villes importantes, la centralisation de l’État autour de la capitale française fait de cette dernière le principal centre musical. Et même si certains compositeurs sont originaires des villes de province, « monter à Paris » est quasiment le seul chemin vers la renommée. Être musicien de la cour est le couronnement d’une carrière. En ce qui concerne la musique religieuse en France, il faut bien reconnaître que l’importante éclosion des genres profanes a quelque peu éclipsé la musique sacrée et surtout la connaissance que nous en avons aujourd’hui. Pour tous ces compositeurs, le modèle de Josquin Desprez est incontournable. Également originaire du Nord de la France, Jean Mouton (ca. 1459-1522) est sans conteste le plus important compositeur français des contemporains de Josquin ; à plusieurs reprises, son activité le rattache au service de la cour pour laquelle il écrit des motets de circonstance, fonction qui lui permet d’être admiré de tous ceux qui sont en contact avec la cour, qu’ils soient français ou italiens. Comme son illustre contemporain, il écrit encore bon nombre de pièces religieuses, parmi lesquelles une quinzaine de messes et une bonne centaine de motets.

En revanche, pour les compositeurs de la génération suivante dont les noms sont effectivement bien connus dans le domaine de la chanson, la musique religieuse semble être un centre d’intérêt nettement plus limité ; c’est le cas de Clément Janequin (ca. 1485-1558), Pierre Sandrin (ca.-1561), Pierre Certon (?-1572) et même de Claudin de Sermisy (ca. 1495-1562) qui, bien qu’actif au service de la chapelle royale, ne nous a laissé que sept messes et une trentaine de motets.
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