L’Europe Musicale de la Renaissance 1/4

De l’invention de l’imprimerie musicale aux pratiques amateur

→Au programme de ce premier épisode : l’histoire de l’imprimerie musicale et son rôle dans la révolution de la pratique musicale au tournant du XVIe siècle.

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De l’invention de l’imprimerie musicale aux pratiques amateur
Le Repos pendant la fuite en Égypte, Le Caravage (1594-1596)

Comment la publication en 1501 par le vénitien Ottavio Petrucci de la première édition musicale imprimée, avec portées, notes et textes a changé à jamais la diffusion de la musique et ouvert la pratique musicale aux amateurs. Voilà le programme de ce premier article qui pose le décor de cette série autour de la musique de la Renaissance racontée par le musicologue belge Jérôme Lejeune.

Quel début et quelle fin pour la Renaissance ? 

On le sait, l’esprit de la Renaissance et surtout les profondes mutations qui apparaissent dans la poésie italienne du XIVe siècle auraient tendance à voir commencer ce mouvement bien avant 1500. L’utilisation abondante du Canzoniere de Pétrarque par les compositeurs du XVIe siècle illustre bien cette constatation. Mais il est vrai que ces poèmes sont intemporels et émeuvent tous les lecteurs depuis le XIVe siècle, émotion partagée par les Romantiques et encore par nos contemporains. Gardons donc pour repère la date de publication de l’Odhecaton, en 1501, qui se situe en plein cœur de la période de maturité du plus illustre compositeur de la transition du XVe au XVIe siècle : Josquin Desprez

Reste à déterminer la fin de la Renaissance musicale. Le sujet est encore plus délicat. Certes, l’année 1594 pourrait être un bon choix : elle marque le décès des deux compositeurs les plus importants de la deuxième moitié du siècle, Palestrina et Lassus. Mais bien avant cela, la monodie accompagnée et les grands divertissements, comme La Pellegrina (1589), qui annoncent les fastes de l’opéra sont inventés à Florence ; à Venise, Willaert puis Gabrieli installent leurs chœurs dans plusieurs tribunes, imaginant ainsi des effets de spatialisation du son qui annoncent les plus grands débordements sonores du baroque. En 1600, la Rappresentatione di Anima et di Corpo de Cavalieri, les Euridice de Peri et de Caccini sont bel et bien les modèles de l’oratorio et de l’opéra. Et en 1607, L’Orfeo de Monteverdi, comme bon nombre de ses œuvres, ne puise-t-il pas autant dans la musique de la Renaissance qu’il annonce celle de l’époque baroque ? 

Nous devons donc bien exclure tous ces éléments qui annoncent le baroque. Mais cela ne veut pas dire que tout s’arrête à la date annoncée de 1594. Dans la plupart des pays européens – à l’exception de l’Italie –, de nombreuses formes et pratiques de la musique de la Renaissance sont encore bien vivantes. 

Angel

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