Né en 1981 à San Miguel de Tucumán, en Argentine, Franco Fagioli a été le premier contre-ténor admis à l’Instituto Superior de Arte du Teatro Colón. Il déploie une tessiture de trois octaves et une remarquable technique de bel canto dans des enregistrements aussi variés que des airs de Mozart et Rossini, Agrippina de Haendel ou Orfeo e Euridice de Gluck. Le plus récent, Arias for Velluti : The last castrato, est consacré au dernier des castrats. Acteur passionné et accompli, il s’est produit sur les scènes lyriques du monde entier et a participé à la production révolutionnaire d’Artaserse de Vinci en 2012, donnée avec une distribution exclusivement masculine et récompensée par le Preis der deutschen Schallplattenkritik en 2013. Il retrace ici un parcours musical commencé avec les berceuses de sa mère et poursuivi jusqu’à Madrid, en passant par l’école de théâtre de Buenos Aires.
Mes débuts musicaux
Ma famille est musicienne. La mère de mon père était professeure de musique pour les jeunes enfants. Elle jouait du piano, sans en faire son métier. À la maison, ma mère a une très belle voix de soprano ; elle chantait beaucoup pour moi et lors des réunions familiales. Mon premier contact avec la musique, ce furent donc ses berceuses. Il y en avait une très belle sur un rossignol, et une autre sur une vache qu’on trayait. Je me souviens de ma grand-mère au piano et de moi, m’approchant pour essayer de jouer des mélodies à mon tour. J’ai chanté dans la chorale de l’école primaire, des messes, puis dans une autre chorale rattachée à l’université de Tucumán. Ce furent mes premiers pas en musique.
Ma formation musicale
J’ai appris le piano. Enfant, lorsque j’ai entrepris mon parcours musical, j’espérais d’une certaine manière rencontrer Mozart : je l’aimais tant que je ressentais le besoin d’être son ami, comme les petits enfants le font avec leurs personnages préférés de films, de séries ou de livres ! Quand je suis allé à la librairie de ma ville pour demander comment m’y prendre, on m’a donné un recueil intitulé My First Mozart… et tout a commencé ainsi. Je me souviens très bien de ce livre – sa couverture était orange – et je crois que ma mère conserve encore mon exemplaire quelque part à la maison !
Je jouais tout ce que je pouvais lire, en commençant par de petits menuets qu’il avait sans doute écrits à l’âge de trois ans, et j’ai fini par aborder ma première sonate complète, la K. 545. Une fois celle-ci maîtrisée, je dois avouer que je me promenais partout en disant : « Je suis la réincarnation de Mozart ! » – mais je suppose que nous avons tous fait des choses embarrassantes étant enfant ! Je voulais devenir pianiste, alors je travaillais énormément et je me rendais à Buenos Aires pour suivre les cours de Carmen Scalcione. Plus tard, j’ai eu la chance d’interpréter le Concerto pour piano n° 20 en ré mineur avec orchestre dans ma ville, et bien sûr j’ai exploré le reste des sonates.
Passionné⋅e de musique ancienne et envie de lire cet article réservé aux abonné⋅es ?
Si vous n'êtes pas abonné⋅e, rejoignez la communauté internationale Total Baroque. Abonnez-vous ici à partir de 5,00€.
Je m'abonneSi vous êtes déjà abonné⋅e, connectez-vous.
Je me connecte


Vous devez être connecté pour commenter.
Se connecter