Né en 2001 à San Pedro Sula, au Honduras, le sopraniste Dennis Orellana a suivi une trajectoire singulière, du trombone au chant. Après des études à la Escuela Superior de Canto de Madrid, puis à l’Université des Arts de Stuttgart, il est repéré très tôt et effectue ses débuts à l’opéra en 2021 à Madrid dans Carlo il Calvo de Porpora. Il reprend ce rôle en 2022 à la Scala de Milan, attirant l’attention du milieu baroque. En 2024, il remporte le Premier Prix de la première édition du Concours Farinelli pour contre-ténors, organisé par les Internationale Händel-Festspiele de Karlsruhe. Portrait d’un jeune chanteur de 24 ans à la trajectoire sans fautes, portée par une voix d’une rare souplesse, aux (sur)aigus aisés et un sens inné du style baroque.
Comment tout a commencé
Ma famille n’est pas du tout musicienne. Nous aimons la musique, mais j’ai toujours ressenti ce besoin de la faire. Enfant, j’étais très passionné par le chant. J’adorais la pop, les musiques Disney, tout ce qui passait à la radio, et c’est ainsi que tout a commencé. Vers 14 ou 15 ans, j’ai décidé de débuter une formation musicale dans ma ville.
J’ai passé une audition pour l’école de musique, mais on ne pouvait pas vraiment choisir son instrument. J’étais un peu plus âgé que les autres enfants, donc on m’a dit : « D’accord, tu es adolescent, tu peux porter un trombone. » J’ai continué avec cet instrument. Nous avions aussi une classe de chœur, et c’est ainsi que j’ai commencé à chanter. Le trombone a eu un impact sur ma voix, car beaucoup de techniques de respiration sont très proches. Cela m’a aussi aidé pour l’oreille absolue, puisque je devais être extrêmement précis dans la position de la coulisse pour obtenir la note exacte. Tout cela m’a énormément servi pour le chant et pour l’apprentissage des partitions, en particulier dans la musique contemporaine.
Du metal symphonique au baroque
J’ai commencé à chanter soprano parce que, juste avant d’entrer à l’école de musique, je suis devenu obsédé par un sous-genre du rock et du metal : le metal symphonique. C’est un mélange d’orchestre, de chœur et de chanteurs classiques. Beaucoup de ces groupes comptaient des chanteuses, et j’étais fasciné par leur son. Je connaissais l’opéra auparavant, mais je ne m’y étais jamais vraiment plongé, jusqu’à ce que ces chanteuses de rock ouvrent la voie. J’étais obsédé par la couleur vocale, par l’usage de la voix de tête, par la manière dont la résonance s’intégrait au groupe, aux cordes, puis à la guitare.
Je suis devenu passionné de musique baroque dès que j’ai écouté Buxtehude et Bach. Je me suis dit : « C’est mon monde. » Cette musique me transporte. Elle est si bien écrite, si intelligemment pensée pour le plaisir et l’émotion. Je me suis demandé si ma voix de tête pouvait atteindre ces notes et j’ai commencé à essayer des airs.
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