Avec plus d’une vingtaine de festivals entre juin et octobre, la France est l’un des grands territoires européens de la musique ancienne. De la baie du Mont-Saint-Michel aux vallées alpines, des grandes abbayes romanes aux jardins de Vendée, en passant par des sites remarquables en Auvergne et dans l’ouest du pays, ces festivals mêlent aujourd’hui interprétation historiquement informée, patrimoine exceptionnel et nouvelles générations d’artistes.
Les 27 festivals sont présentés dans l’ordre de leur ouverture, de mai à septembre. Le sommaire ci-dessous les recense et permet d’accéder directement à la fiche de chacun pour en découvrir les dates, les lieux, les artistes et les principaux temps forts. Bel été en musique !
Consacré aux grandes voix baroques, ce festival se déroule dans l’abbatiale romane de Froville, en Lorraine, et accueille chanteurs internationaux et ensembles spécialisés. Le festival célèbre cette année la fusion sous toutes ses formes : celle des styles, des cultures, des générations et des émotions. Du baroque au jazz, du sacré au populaire, des rives de l’Europe aux rythmes d’Amérique latine, Froville place, fidèle à son ADN, la voix au cœur de sa programmation. Cette année, les contre-ténors sont à l’honneur : Keymon Murrah, accompagné par I Gemelli ; William Shelton, lauréat du concours de Froville, dans un programme italien du XVIIe siècle ; et Xavier Sabata, accompagné par Le Concert de l’Hostel Dieu autour du programme « Furioso » récemment paru chez Aparté. Fusion des générations aussi avec le trio La Néréide, porté par les jeunes chanteuses Julie Roset, lauréate d’Operalia 2024, Camille Allérat et Ana Vieira Leite, lauréate du concours de Froville 2020. Innovation cette année avec une création pour le jeune public : « Baroque Playground », rencontre ludique et inattendue entre le jazz et le baroque. Enfin, Sandrine Piau, accompagnée d’Ophélie Gaillard et de Pulcinella, offrira une clôture tout en intimité et en poésie : un voyage d’été à travers les Flandres, entre douceur, lumière et raffinement.
Organisé dans la cathédrale romane de Maguelone, près de Montpellier, dans le Sud de la France, ce festival ouvre la saison estivale avec des programmes consacrés aux grandes pages du baroque sacré et aux répertoires méditerranéens. Rendez-vous culturel majeur en Occitanie depuis plus de quarante ans, le festival propose cette année, du 4 au 12 juin, une programmation placée sous le signe des « résonances », explorant les liens entre musique savante et traditions populaires, depuis la Renaissance jusqu’au Nouveau Monde. Parmi les temps forts : le concert de clôture confié à Jordi Savall et à l’ensemble Hespèrion XXI, autour de l’art de la variation et de l’improvisation ; l’hommage rendu par le festival à Denis Raisin Dadre, notamment par l’ensemble Doulce Mémoire, que le musicien a créé ; la présence de jeunes artistes européens avec l’ensemble Théodora ; les concerts de La Rêveuse et de l’ensemble I Gemelli.
Le Festival de l’abbaye de Saint-Michel en Thiérache fête son 40e anniversaire avec son édition 2026. À la frontière franco-belge, le site aux atours baroques italiens est exceptionnel, avec son précieux orgue historique français de 1714 et une acoustique naturelle idéale pour les musiques des XVIIe et XVIIIe siècles. Douze concerts, en cinq dimanches, organisés autour de thématiques différentes, animeront ainsi à nouveau le festival : de la Sérénissime République de Venise à la monarchie des Habsbourg, de la chanson à la Maison royale de Saint-Cyr et aux Folies d’Espagne, ou encore des fragments homériques, de la mer Égée aux Enfers. Les concerts sont complétés par une rencontre avec les artistes et la possibilité de déjeuner sur place, conjuguant ainsi ambition qualitative et convivialité. Cette 40e édition sera également marquée par plusieurs événements, dont, entre autres, L’Orfeo de Monteverdi et la Messe en si de Bach ; le retour au festival de Jordi Savall ; le nouveau projet d’enregistrement de Christina Pluhar avec L’Arpeggiata ; une interprétation « augmentée » des Sonates en trio pour orgue de Bach par Benjamin Alard et Marc Meisel ; et la découverte de nouveaux et jeunes ensembles et solistes, comme L’Assemblée de Marie Van Rhijn ou La Néréide.
Dans le théâtre élisabéthain du château d’Hardelot, le festival explore les échanges musicaux entre la France et l’Angleterre aux XVIIe et XVIIIe siècles. Au programme cette année : l’ensemble Le Stagioni, qui a choisi une mise en scène façon l’Orient-Express pour une version italienne d’Acis, Galatée et Polyphème ; et La Palatine, qui explore et explose les codes de la musique ancienne. Le 24 juin, soir du solstice d’été, le théâtre élisabéthain du château d’Hardelot, lieu unique en France inspiré des théâtres de l’époque élisabéthaine et de Shakespeare, fêtera ses 10 ans. Pour célébrer cet anniversaire, la compagnie J’ai tué mon bouc propose un joyeux cabaret élisabéthain au sein de ce « O » de bois et de rêves. Le contre-ténor britannique Tim Mead rencontre l’orchestre français Le Concert de la Loge pour une soirée sur les canaux de la Sérénissime. Jean-Luc Ho et Simon Pierre invitent le public dans l’intimité de la demeure de Haendel, à Brook Street, à Londres, tandis que Camille Delaforge et son ensemble Il Caravaggio convient à une rencontre entre musique de Marc-Antoine Charpentier et d’Henry Purcell, autour de fabuleuses histoires sacrées.
Pour sa 23e édition, la programmation 2026 des Festes Baroques poursuit son exploration de la musique ancienne, autant historique que créative, à travers son territoire de diffusion : Bordeaux et sa région. De nouveaux répertoires instrumentaux et vocaux sont proposés cette année, comme les spectaculaires musiques des doges de Venise à grand ensemble de cuivres du début du XVIIe siècle, ou encore la musique anglaise des virginalistes, ces compositeurs dont les œuvres, entre 1560 et 1620 environ, sont écrites pour le virginal, instrument à clavier et à cordes pincées. Avec les ensembles Ventosum, Apollo’s Cabinet, Faenza et El Sol. Le festival des Festes Baroques accompagne également de jeunes artistes travaillant sur des formes attrayantes inspirées par la musique, bien sûr, mais aussi par la danse et le théâtre. Il propose, à côté des concerts, différentes rencontres et tables rondes en entrée libre, des répétitions publiques et commentées pour les scolaires, des masterclasses, des clés d’écoute… À l’issue de chaque concert : présentation et dégustation de vins de propriétés des Graves, de Pessac-Léognan, de Barsac-Sauternes et de grands crus classés.
Créées sous l’impulsion du chef d’orchestre Vincent Dumestre, leur directeur artistique, Les Saisons Baroques du Jura proposent de faire se rencontrer, tout au long de l’année, la musique baroque et les plus grands noms de la scène actuelle à Baume-les-Messieurs, dans le Jura. Les Saisons Baroques explorent l’âme de l’opéra sans artifices, à travers des récitals où chaque air devient un univers, chaque mélodie une confidence, sous les voûtes de l’abbatiale. Dans le chœur ou la nef de l’abbatiale de Baume-les-Messieurs, espaces théâtraux par excellence, l’opéra se fait intime, accessible et vibrant avec Purcell, Lully, Cavalli, Haendel, Rameau… sous les doigts des clavecinistes Patrick Ayrton, Baptiste Guittet et Lucile Chabard ; sous les archets de l’ensemble Le Caravansérail ou du Poème Harmonique ; avec les voix de Rachel Redmond, Fernando Escalona, Marie Théoleyre ; ou encore à travers un opéra pour le jeune public, en collaboration avec Idéklic, avec Igor Bouin. Les Saisons Baroques emmènent également leur public à Beaune, pour découvrir L’Avare, un opéra inédit de Gasparini sur le thème bien connu de Molière.
Depuis plus de quarante ans, le Festival international d’opéra baroque de Beaune transforme les Hospices de Bourgogne et la basilique Notre-Dame en l’un des grands théâtres européens de la musique ancienne. L’édition 2026, placée sous le thème « Au-delà », se déroulera du 3 au 26 juillet et marquera un tournant avec le premier opéra véritablement mis en scène de l’histoire du festival : L’Avare (Il vecchio avaro) de Francesco Gasparini, inspiré de Molière, mis en scène par Théophile Gasselin et dirigé par Vincent Dumestre à la tête du Poème Harmonique. La programmation réunira quelques-unes des figures majeures de la scène baroque actuelle. Parmi les grands rendez-vous lyriques : Ariodante de Haendel par Les Talens Lyriques de Christophe Rousset ; Il trionfo del Tempo e del Disinganno, confié au Banquet Céleste ; ou encore L’Olimpiade, avec l’Orchestra Ghislieri de Giulio Prandi. Le festival accueillera également Vox Luminis dans la Messe en si mineur de Bach, Le Concert d’Astrée dans le Stabat Mater de Giovanni Battista Pergolesi, ainsi qu’A nocte temporis dans Les Boréades de Jean-Philippe Rameau. À noter encore : un « Requiem imaginaire pour Charles Quint » par La Tempête et Simon-Pierre Bestion de Camboulas, ainsi qu’un programme John Dowland, dont 2026 marque le 400e anniversaire de la mort, par le luthiste slovène Bor Zuljan. Autour des concerts, le festival continue enfin d’inventer une véritable expérience beaunoise : conversations avec les artistes, visites musicales, dîners dans les Hospices, dégustations et stage de chant choral baroque.
Au cœur des Vosges, le Festival des Abbayes en Lorraine poursuit en 2026 un dialogue engagé depuis 2022 entre patrimoine monastique et musique ancienne. Installé dans les majestueuses abbayes de Senones, Moyenmoutier, Étival ou Autrey, ce rendez-vous devenu incontournable du Grand Est transforme chaque été les vallées vosgiennes en véritable itinéraire musical européen. Pour la 2e année consécutive, le festival interroge la thématique « Au-delà du Rhin : Quiétude et tumultes ». Celtes, Romains et peuples venus de l’Est se sont déployés dans un espace qui, lentement, deviendra la France, le royaume des Francs puis des Capétiens et de leurs successeurs. Dans ces espaces de tant de combats, Charlemagne tentera d’y mettre bon ordre, de reconstruire l’Empire de Rome de ses glorieux prédécesseurs, fondé sur la chrétienté. Avec ce second volet, le festival 2026 évoquera ces moments qui ont écrit les joies comme les peines des deux pays, France et Allemagne. Au programme notamment : la compagnie La Tempête, de Simon-Pierre Bestion ; l’ensemble Les Traversées Baroques et le Chœur de Chambre de Namur pour un Requiem de Ziani ; l’ensemble Agamemnon ; Elsa Grether et David Lively ; le quintette à vent Le Concert impromptu ; l’ensemble Les Lunaisiens.
Le Festival de Saintes est un des hauts lieux européens de l’interprétation historiquement informée, avec une forte présence du répertoire de Bach et de la musique sacrée. L’édition 2026 offre un paysage foisonnant, avec des artistes de diverses générations, de Philippe Herreweghe ou Christophe Coin à de très jeunes formations pleines d’avenir, telles que le Trio Turbulences, Le Consort de Passage, le Trio Sypniewski ou l’Ensemble Irini. Seront également présents des ensembles confirmés : d’Insula Orchestra à l’Ensemble Amarillis, avec Patricia Petibon, de Correspondances à I Gemelli ou La Tempête. Si la musique ancienne et baroque domine largement, elle ne monopolise pas une programmation qui fait aussi place à Liszt et Schumann sous la baguette de Victor Julien-Laferrière avec le Jeune Orchestre de l’Abbaye ; à Beethoven, que Philippe Herreweghe dirigera à la tête de l’Orchestre des Champs-Élysées ; tandis que Joseph Swensen et l’Orchestre national de Bordeaux feront resplendir les couleurs de la musique, de Moussorgski à Saint-Saëns et Ravel.
À la mi-juillet, la nouvelle édition du Festival de musique baroque du Pays du Mont-Blanc, sous la direction artistique de Franck-Emmanuel Comte, propose une rencontre à l’échelle de l’Europe baroque : des danses espagnoles aux harmonies portugaises, des fugues allemandes aux sonates italiennes. Parmi les artistes invités, entre autres, La Capella de Ministrers présente le passage de la Renaissance au baroque espagnol, de 1500 à 1650. Cyril Auvity et l’ensemble L’Assemblée se pencheront sur la cantate Le Café de Nicolas Bernier et la Kaffeekantate de Jean-Sébastien Bach. L’Achéron convie à un voyage à travers les pépites sonores de la diaspora portugaise, entre airs sacrés et chansons profanes. François Aria et Daphné Souvatzi, entourés de musiciens venus des deux horizons, revisitent en version flamenco les airs baroques de Charpentier, Rameau ou Monteverdi, ainsi que les chants helléniques de Grèce, de Chypre et de la mer Noire. Au programme également : La Sportelle, Le Concert de l’Hostel Dieu et La Camera delle Lacrime.
La 5e édition des Musicales de l’Abbaye du Thoronet, en Provence, doit confirmer l’émergence d’un des rendez-vous les plus singuliers du paysage français de la musique ancienne et sacrée. Installé dans la majestueuse abbaye cistercienne du XIIe siècle du Thoronet, le festival poursuit son développement autour d’une idée simple : faire dialoguer la musique avec l’une des acoustiques les plus fascinantes d’Europe. Créées en 2022 par le Centre des monuments nationaux, les Musicales du Thoronet s’inscrivent dans l’héritage des mythiques Rencontres internationales de musique ancienne, qui firent rayonner le lieu pendant près de trente ans sous l’impulsion de Dominique Vellard. Le festival revendique aujourd’hui une ouverture plus large, du chant grégorien aux créations contemporaines, dans une programmation où patrimoine et expérience sensorielle demeurent indissociables. Douze concerts répartis entre l’abbatiale et le cloître marquent l’édition 2026, dont l’ensemble britannique The Gesualdo Six, accompagné de la trompettiste Matilda Lloyd ; l’Ensemble Gilles Binchois ; Marc Coppey, pour les Suites pour violoncelle seul de Bach ; l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles, avec Gwendoline Blondeel, Justin Taylor et Sophie de Bardonnèche ; l’ensemble Près de votre oreille de Robin Pharo ; et, en clôture, le Chœur de Notre-Dame de Paris, pour un programme Charpentier, Campra et Monteverdi.
Pour sa 20e édition, le festival « Musique & Histoire » de l’abbaye de Fontfroide, dans les Pyrénées-Orientales, à la frontière entre la France et l’Espagne, s’affirme plus que jamais comme un projet unique en Europe, porté par la vision humaniste de Jordi Savall. Sous le thème « Harmonie universelle », l’édition 2026 explore les liens entre les cultures, les époques et les traditions musicales, dans un dialogue constant entre Orient et Occident. Au cœur de cette programmation, Savall retrouve ses ensembles – Hespèrion XXI, La Capella Reial de Catalunya et Le Concert des Nations – pour des concerts qui traversent les siècles et les civilisations. Parmi les temps forts : Femmes d’Orient, avec les musiciennes d’Orpheus 21 dirigées par Waed Bouhassoun ; Le Nuove Musiche, autour de la révolution baroque ; ou encore Istanbul 1700, plongée dans la tradition ottomane. Les concerts de 18h offrent des cartes blanches à des artistes invités proches de Savall – Tcha Limberger et Liana Gourdjia, Christophe Coin, Marc et Pierre Hantaï –, tandis que les grandes soirées dans l’église abbatiale déploient des fresques musicales ambitieuses, de Monteverdi à Mozart. Dans le cadre majestueux de l’abbaye cistercienne, Fontfroide propose ainsi bien plus qu’un festival : une expérience immersive où musique, histoire et engagement interculturel se conjuguent pour faire de la musique ancienne un véritable langage universel.
Itinérance, ruralité, patrimoine, diversité et excellence musicale caractérisent les Promenades musicales du Pays d’Auge, créées en 1994 et animées depuis 2023 par Sébastien Daucé et Céline Portes. Ces promenades musicales proposent depuis lors des concerts en itinérance dans le Pays d’Auge, dans des églises, des châteaux, des haras et des usines, alliant un patrimoine de proximité et des propositions musicales diversifiées, de la musique ancienne à la création contemporaine, avec des échappées vers les musiques du monde, le jazz et la chanson. Au programme 2026 : les ensembles Stile Antico, Correspondances, Apotropaïk, Le Poème Harmonique, Grain de la voix, Jean Rondeau, Ophélie Gaillard, Manon Papasergio, Gwendoline Blondeel et Mathilde Vialle à la viole de gambe, ainsi qu’un opéra poétique pour les tout-petits, par Les Lunaisons.
Le Festival Valloire Baroque, en Savoie, dans les Alpes françaises, propose une programmation « Prima ! La Donna » et célèbre les musiciennes « héroïnes » dans un environnement très prophétique. Le Concert de l’Hostel Dieu, avec Blandine de Sansal, restituera le répertoire opératique d’une prima donna proche de Vivaldi. Mais elles ne font pas que chanter ! Elles tiennent « salon », comme l’illustre en Angleterre La Rêveuse, avec Benjamin Perrot et Florence Bolton. Elles sont aussi compositrices en Europe, ce que montrent l’ensemble Toccata e fuga et l’Opéra Royal de Versailles, sous la direction de Sophie de Bardonnèche et Justin Taylor, avec les excellentes solistes qui seront présentes ces deux soirs. Mais, loin du public, elles excellent aussi dans la sphère intime, dont l’ensemble Amarillis d’Héloïse Gaillard montre les multiples aspects. Remontée dans les siècles avec l’ensemble Contre le Temps, qui se demande, à l’époque médiévale : « Où sont les femmes ? », merveilleux titre qui leur fait penser à Hildegarde de Bingen, à la fois compositrice et docteure de l’Église. Et, dans ce domaine spirituel, on le sait depuis l’Antiquité, elles sont aussi prophétesses, ce que chante La Camera Chromatica dans Les Prophéties des Sibylles de Roland de Lassus, à la Renaissance.
Plus ancien festival Bach de France, né dans le sillage de la réconciliation franco-allemande, le festival de Saint-Donat, dans la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes, entre aujourd’hui dans une nouvelle dynamique. Porté par une gouvernance renouvelée et par la direction artistique de Franck-Emmanuel Comte, il souhaite faire dialoguer l’excellence musicale, l’héritage historique et un véritable travail de maillage territorial. Cette édition 2026 entend ainsi redonner à cet événement une résonance nationale, tout en retissant un lien fort avec les habitants et le territoire. Si le nom de Bach demeure l’étoile tutélaire de la manifestation, le festival de cette année invite à élargir les horizons, à explorer les filiations, les métamorphoses et les résonances d’un héritage vivant. Avec Tempêtes baroques, les forces déchaînées deviennent musique, théâtre et émotion, tandis que les œuvres sacrées de Monteverdi, Carissimi et Charpentier plongent au cœur d’une spiritualité ardente, où la voix humaine touche à l’universel. Le festival s’autorise également des échappées hors des cadres, du dialogue De Erik Satie à Queen aux métissages du flamenco baroque. Enfin, cette édition se conclut sous le signe de la lumière avec « Vivaldi, Divina Stella ». Avec les ensembles baroques de Nice et Montauban, Le Concert de l’Hostel Dieu, Les Galants Caprices, le trio Concordances et Martin Wahlberg, ainsi que le Duo Lyra.
Festival itinérant au cœur du patrimoine du Périgord, en Aquitaine, du 25 juillet au 2 août 2026, Itinéraire Baroque poursuit, cette année encore, son exploration du répertoire ancien sous la direction de Ton Koopman. Entre concerts, formes scéniques et découvertes musicologiques, cette édition tisse un dialogue vivant entre transmission, création et territoires. En prélude : un concert d’orgue de Ton Koopman, qui interprétera deux œuvres de Bach récemment identifiées et jouées pour la première fois à Leipzig en novembre 2025. L’ensemble La Rêveuse assurera le concert d’ouverture. Avec son Amsterdam Baroque Orchestra, Ton Koopman sera également à la baguette pour le concert de clôture, le 2 août. Autre temps fort : une grande journée d’itinérance autour de la petite commune de La Tour-Blanche-Cercles, le 31 juillet 2026, véritable parcours musical et festif de 11h à 23h, mêlant concerts, conférences et moments conviviaux. Avec notamment Iris Consort, Calamus Consort et l’ensemble Harmonie du Roy.
Début août, le Festival Baroque de Tarentaise célèbrera sa 35e édition à travers les vallées de Tarentaise et du Beaufortain, en Savoie. Fidèle à son identité itinérante, le festival, dirigé par Jean-Luc Hyvoz, investit une douzaine d’églises et chapelles baroques entre Moûtiers, Conflans, Séez, Peisey-Nancroix ou encore Sainte-Foy-Tarentaise, transformant le patrimoine baroque savoyard en véritable scène musicale à ciel ouvert. Placée sous le thème « Entre terre et ciel ou le baroque à l’épreuve du temps », l’édition 2026 poursuit cette alliance unique entre musique, montagne et patrimoine. Avec notamment l’ensemble Alkymia, pour un programme mêlant villancicos et motets aux rythmes des danses traditionnelles du Pérou, le festival propose neuf concerts baroques, mais aussi des formes plus transversales : concert dansé, bal, repas-concert et projets artistiques en lien avec les paysages alpins et les décors des retables savoyards.
Le 28e Festival Bach en Combrailles – aujourd’hui le festival de référence en France pour l’exploration de l’œuvre de Jean-Sébastien Bach – se déroulera début août dans les Combrailles, une région au cœur de l’Auvergne, autour des communes de Pontaumur, Herment ou encore Miremont, et cette année Manzat et Crocq. Sont annoncés pas moins de 23 événements : 5 Cafés-Bach et 5 auditions d’orgue, 12 concerts et récitals, dont 2 nocturnes, et 1 soirée festival. Nach französischer Art (« à la française ») : selon une expression de Bach lui-même, le thème de ce festival 2026 s’intéresse à l’influence du style français sur l’œuvre du célèbre Cantor. Non qu’il fût le seul, en son temps, à se laisser séduire par l’esprit de Versailles, alors pris pour modèle dans toute l’Europe, mais parce que sa fréquentation à distance – lui qui ne quitta jamais l’Allemagne – des maîtres français tels que Couperin, Grigny, Lully, Marchand, Raison et tant d’autres, amène à nombre de ses pièces pour clavier, à certaines de ses cantates, à ses Concertos brandebourgeois, dont le festival engage l’intégrale sur deux ans. Tout en poursuivant le compagnonnage avec les ensembles Alia Mens et Le Banquet Céleste, le festival invite des jeunes talents prometteurs – Baptiste Guittet au clavecin, Charlotte Dumas à l’orgue, l’ensemble Théodora – et des concertistes confirmés, comme la flûtiste Annie Laflamme et les organistes Benjamin Alard et Martin Gester, qui a enregistré récemment les Chorals de Lpeizig. Il accueillera pour la première fois l’ensemble Les Épopées, dirigé par Stéphane Fuget, en clôture.
À la mi-août, le Festival de musique ancienne Dieppe-Normandie transformera une nouvelle fois la région dieppoise en centre de musique ancienne. Porté par l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille, ce rendez-vous singulier occupe une place à part dans le paysage français : moins médiatisé que certains grands festivals d’été, mais très enraciné dans un territoire, une démarche de transmission et une relation intime entre patrimoine architectural et musique vivante. Depuis sa fondation, en 1997 à Arques-la-Bataille, l’Académie Bach développe autour de Dieppe un projet qui mêle concerts, stages, formation et actions culturelles. Le festival investit ainsi les églises romanes et gothiques de la côte normande, les manoirs et lieux patrimoniaux des environs d’Arques-la-Bataille, créant une circulation musicale entre campagne, littoral et patrimoine historique. La programmation 2026 reste fidèle à l’identité du festival : un large panorama allant de la Renaissance au romantisme sur instruments historiques, avec une place importante accordée à Johann Sebastian Bach, aux polyphonies vocales et au baroque allemand, français et italien. Parallèlement au festival, l’Académie Bach propose plusieurs stages et académies d’été destinés aux amateurs comme aux jeunes professionnels : motets baroques allemands, chant choral, pratique instrumentale et ateliers autour du théâtre musical ancien. Cette dimension pédagogique constitue l’un des piliers historiques du projet normand.
À la mi-août, le Festival de Rocamadour déploiera son édition 2026 sur le thème « Dialogue des mondes » au cœur de l’un des sites spirituels les plus saisissants d’Europe. Accroché à la falaise, le sanctuaire de Rocamadour offre un écrin unique où la musique sacrée retrouve sa dimension première : celle d’une expérience à la fois esthétique et méditative. Sous la direction artistique d’Emmeran Rollin, l’édition 2026 entend réunir les grandes traditions de la musique sacrée et les créations contemporaines, les racines européennes et les couleurs venues d’ailleurs, les chefs-d’œuvre du patrimoine et leurs réinterprétations d’aujourd’hui. Parmi les temps forts attendus, dans la basilique Saint-Sauveur et la chapelle Notre-Dame, trois rendez-vous portés par l’ensemble en résidence La Sportelle rythment le festival : Cantus Missae avec le Tenebrae Choir, le 19 août ; le Magnificat de Bach, le 23 août ; et Passio d’Arvo Pärt, le 26 août 2026. À noter également une Misa Criolla, avec Alain Perez, Emiliano Gonzalez Toro au chant, Thomas Enhco au piano et The Amazing Keystone Big Band ; ou encore Le Concert de l’Hostel Dieu et Blandine de Sansal, Les Accents, Thibault Noally et Carlo Vistoli. Au-delà des concerts, le festival propose également des académies de chant et d’orgue, des rencontres avec les artistes et des moments de contemplation musicale en plein air. La montée vers la cité, les lumières du soir sur la vallée de l’Alzou et la résonance des voix dans la pierre créent une atmosphère rare, presque hors du temps.
Le Festival de La Chaise-Dieu est l’un des grands rendez-vous de l’été dans l’abbatiale gothique de La Chaise-Dieu, dans le département de la Haute-Loire, en Auvergne. La musique sacrée et baroque y tient une place centrale. En 2026, le festival fête son 60e anniversaire et voit les choses en grand, avec treize jours de célébration et pas moins de 35 concerts. Parmi eux : le Dixit Dominus de Haendel par Les Accents ; les Vêpres de Monteverdi par La Tempête ; le Requiem de Campra par Christophe Rousset et Les Talens Lyriques ; ou encore une Passion selon saint Jean de Bach par A nocte temporis et Reinoud Van Mechelen. À noter également la présence de Leonardo García-Alarcón et Cappella Mediterranea, pour deux concerts : La Passione di Gesù, œuvre entre l’art polyphonique de Monteverdi, le contrepoint de Bach et la sensualité de Piazzolla, compositeurs également présents dans un second concert « Monteverdi-Piazzolla ».
Pour sa 48e édition, le Festival de Sablé, en région Pays de la Loire, retrouvera les rues, églises et places de Sablé-sur-Sarthe, sous le thème poétique « Au plus près des étoiles ». Né à la fin des années 1970, au moment même où s’inventait l’interprétation sur instruments anciens, le festival a accompagné l’essor de toute une génération d’artistes devenus aujourd’hui des références internationales. L’ouverture de l’édition 2026 est confiée au violoniste Nemanja Radulović et à son ensemble Double Sens dans un programme « Vivaldi & Bach », avant que le ténor Reinoud Van Mechelen et l’ensemble A nocte temporis ne fassent revivre les airs sérieux, à boire et à danser du Grand Siècle français avec « Oh, ma belle brunette ». Parmi les grands moments attendus, la soirée luth et archiluth de l’Ensemble Jupiter et Thomas Dunford, le récital Louis Couperin du claveciniste Jean Rondeau, Mariana Flores et Cappella Mediterranea avec « Alfonsina », ainsi que l’Ensemble Jacques Moderne. Le festival se clôturera avec les « Madrigaux pour Ariane » du chœur Aedes, dans un programme mêlant musique baroque et création contemporaine. Le festival poursuivra également son goût pour les formes hybrides avec le spectacle « Welcome » de la compagnie Zutano BaZar, tandis que Les Argonautes proposeront un Dixit Dominus sacré et théâtral dans l’église Notre-Dame de Sablé. Concerts gratuits, ateliers, rencontres et projets participatifs complètent un événement qui reste profondément attaché à l’accessibilité des arts baroques et au lien avec son territoire.
Du 19 au 22 août, dans la célèbre basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, haut lieu de pèlerinage médiéval et étape majeure sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, les Rencontres Musicales de Vézelay invitent, pendant quatre jours, à une découverte musicale large et variée, dans un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette 26e édition appelle à l’écoute intérieure, à l’ouverture et à l’apaisement dans un monde en crise. Parmi les artistes invités, l’ensemble Il Caravaggio et Lucile Richardot réunissent des pages célèbres et plus rares de Vivaldi, dont des extraits de Nerone fatto Cesare et le Fra cieche tenebre d’Arsilda, regina di Ponto. Les Talens Lyriques et Christophe Rousset mettent en regard le Requiem d’André Campra et la Missa Assumpta est Maria de Marc-Antoine Charpentier. Le Coro e Orchestra Ghislieri propose un pèlerinage sonore où les antiennes grégoriennes dialoguent avec Palestrina, Antonio Lotti, Niccolò Jommelli et une création de Davide Tramontano. Pour ses vingt ans, l’ensemble Aedes retrouve le festival dans un programme de Brahms à Poulenc, de Britten à Hersant, tandis que Les Métaboles et l’Orchestre national de Metz Grand Est, dirigés par Léo Warynski, tissent un parcours de Poulenc à Bernstein, en passant par Arvo Pärt et Julia Wolfe. En point d’orgue, Gli Angeli Genève, sous la direction de Stephan MacLeod, promet une lecture habitée de la Passion selon saint Jean de Bach. Comme chaque année, les journées du festival seront rythmées par la musique du matin au soir, dans l’atmosphère joyeuse et conviviale de Vézelay.
Durant la troisième semaine d’août, comme chaque année, le festival « Dans les Jardins de William Christie » retrouvera le décor unique de Thiré, en Vendée. Imaginé par William Christie autour de sa maison et de ses jardins inspirés de l’art paysager français du Grand Siècle, le festival, sous la direction artistique de William Christie et Paul Agnew, mêle depuis 2012 concerts, promenades musicales et spectacles lyriques dans une atmosphère à la fois raffinée et profondément intime. L’édition 2026 poursuivra cette alchimie unique entre patrimoine, nature et musique. Elle fera cette année une large place à Jean-Philippe Rameau et Henry Purcell. Les grands concerts sur le miroir d’eau réuniront ainsi le chœur et l’orchestre des Arts Florissants autour de suites et de scènes d’opéras de Rameau dirigées par William Christie, tandis que Paul Agnew proposera une nouvelle production de « Songs & Catches – Purcell at the Pub », mise en espace et chorégraphiée. Les emblématiques concerts aux chandelles dans l’église de Saint-Juire-Champgillon feront dialoguer musique sacrée française et intimité baroque, avec une rencontre entre les étudiants de la Juilliard School et les musiciens des Arts Florissants autour de Georg Muffat, Jean-Baptiste Lully et Arcangelo Corelli, ou encore un récital de Théotime Langlois de Swarte avec William Christie autour des pièces de Rameau pour violon et clavecin. Enfin, le festival demeure surtout fidèle à ce qui fait son identité profonde : les promenades musicales dans les bosquets et théâtres de verdure, les ateliers, les concerts à la tombée du jour et l’esprit du Jardin des Voix, l’académie internationale fondée par William Christie pour accompagner la nouvelle génération de chanteurs baroques.
Le Festival d’Ambronay, dans le département de l’Ain, à une quarantaine de kilomètres de Lyon, est l’un des festivals majeurs de musique ancienne en Europe, également centre de formation et d’accompagnement pour jeunes ensembles. En 2026, sous le thème « Latitudes baroques », le festival propose trois week-ends dans l’abbatiale d’Ambronay, dont l’acoustique exceptionnelle demeure l’un des atouts majeurs. Le premier week-end, du 11 au 13 septembre, s’ouvre avec une plongée dans le Siècle d’or espagnol, portée par la compagnie La Tempête et Simon-Pierre Bestion, dans un « Requiem imaginaire autour de Charles Quint ». Il se poursuit avec les Sonates du Rosaire de Heinrich Ignaz Franz Biber sous l’archet de Meret Lüthi, avant un moment très attendu : William Christie dirigeant Les Arts Florissants dans deux opéras de Marc-Antoine Charpentier, avec les jeunes solistes du Jardin des Voix. Le week-end s’achève avec Amandine Beyer et Gli Incogniti dans les concertos de Jean-Sébastien Bach. Le deuxième week-end, du 18 au 20 septembre, inscrit dans les Journées européennes du patrimoine, explore les circulations entre Italie, Venise et Rome. Avec les jeunes ensembles La Palatine, d’une part, et Irini, de Lila Hajosi, d’autre part. La mezzo-soprano Eva Zaïcik retrouve Le Poème Harmonique de Vincent Dumestre dans un programme vénitien avec Antonio Vivaldi, avant un grand final romain avec Leonardo García-Alarcón et Cappella Mediterranea autour de Gregorio Allegri et Alessandro Scarlatti. Le troisième week-end, du 25 au 27 septembre, prolonge cette traversée des styles avec un programme français — Charpentier, Couperin, Clérambault — porté par l’ensemble Il Caravaggio et Camille Delaforge ; un concert autour des Saisons d’Antonio Vivaldi et Giovanni Guido par The Ministers of Pastime ; puis une nouvelle lecture des Vêpres de Claudio Monteverdi par InAlto. L’édition se clôt avec Jordi Savall, Hespèrion XXI et La Capella Reial de Catalunya dans le mythique Livre vermeil de Montserrat. Comme chaque année, de nombreuses activités seront également proposées à l’Espace Festivaliers pour tous les publics : ateliers, clés d’écoute, visites, scènes amateurs ou encore bords de scène.
À la mi-septembre, le festival Via Aeterna fera une nouvelle fois du Mont-Saint-Michel un haut lieu de la musique sacrée et baroque européenne en déployant ses concerts entre l’abbaye millénaire, les églises de la baie et plusieurs sites patrimoniaux normands, dans une atmosphère où spiritualité, patrimoine et musique dialoguent constamment. La programmation baroque occupera cette année une place particulièrement importante. Avec le baryton Romain Bockler et l’ensemble Les Surprises de Louis-Noël Bestion de Camboulas pour « Bach en famille » ; le guitariste Raphaël Feuillâtre, « de Bach à Piazzolla » ; l’ensemble Correspondances de Sébastien Daucé pour Une couronne de roses de Marc-Antoine Charpentier ; des motets de Bach par Julie Depardieu et Thomas Ospital, avec l’ensemble Dulci Jubilo, etc. En point d’orgue, le concert de clôture sera confié à la mezzo-soprano Eva Zaïcik et au Poème Harmonique dans le Nisi Dominus d’Antonio Vivaldi. Au-delà des concerts, Via Aeterna demeure fidèle à son identité singulière : faire du Mont-Saint-Michel un véritable pèlerinage musical où les grandes œuvres sacrées résonnent entre marées, pierres gothiques et silence monastique.
Pour sa 41e édition, le Festival Baroque de Pontoise reprend sa structure en deux temps, pensée comme une saison théâtrale : un Acte I, de septembre à novembre, puis un Acte II au premier semestre 2027. Ce premier volet sera consacré à la voix, thème central d’une saison intitulée « Si on chantait ? » Le coup d’envoi sera donné le 25 septembre à l’église Notre-Dame de Pontoise avec Jordi Savall et Hespèrion XXI dans « L’Art de la variation ». Suivent le claveciniste Bertrand Cuiller dans « Songbook » à Cergy (27 septembre), puis les Cantates de Bach par Le Banquet Céleste à la cathédrale Saint-Maclou de Pontoise le 2 octobre. Le festival accueille également le grand spécialiste italien Rinaldo Alessandrini, pour un programme consacré aux Madrigaux de Monteverdi le 3 octobre, tandis que l’ensemble Irini investira l’abbaye de Royaumont avec « Post Tenebrae » le 4 octobre. La seconde partie d’octobre fera dialoguer créations et traditions : Laura Perrudin présentera Tempus à Royaumont (10 octobre), Les Musiciens de Saint-Julien feront résonner « Les Voix humaines » à Pontoise (11 octobre), puis Constance Luzzati et Fanny Vicens exploreront les « Affetti Cantabile » au Conservatoire de Cergy. Enfin, le contre-ténor Philippe Jaroussky et l’ensemble Artaserse seront les invités prestigieux du festival avec « Il Mio Vivaldi » le 16 octobre à l’église Notre-Dame de Pontoise.
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