Alkymia : la mémoire du baroque espagnol en Bolivie 

→Avec son programme Sucreries, l’ensemble Alkymia, sous la direction de Mariana Delgadillo-Espinoza, plonge dans les trésors baroques du Nouveau Monde, entre mémoire, danse et héritages métissés.

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Alkymia : la mémoire du baroque espagnol en Bolivie 
Mariana Delgadillo Espinoza © Lionel Audinet

Cheffe de chœur et fondatrice de l’ensemble Alkymia, Mariana Delgadillo Espinoza explore depuis plus de dix ans les liens entre musique ancienne, traditions populaires et créations contemporaines. Avec le programme Sucreries (Y Se Va la Segunda !), enregistré chez Oktav Records et paru en mars 2025, elle met en lumière les trésors baroques conservés dans les archives de la ville de Sucre, en Bolivie, révélant un patrimoine d’une étonnante vitalité. Rencontre, à la croisée des projets.

Quel a été votre parcours ?  

Mariana Delgadillo Espinoza : Je suis née en Bolivie. À l’âge de sept ans, j’ai commencé à danser, notamment des danses traditionnelles, par exemple lors de fêtes de village. J’ai ensuite commencé le piano et la guitare, que j’ai poursuivis jusqu’au baccalauréat. Puis j’ai obtenu une bourse pour continuer à étudier le piano à La Havane. Quand je suis venue en France, j’ai découvert la direction de chœur au CNSM de Lyon et je me suis ainsi plongée dans le répertoire ancien. Là, ce fut le coup de foudre !  

En 2014, vous fondez l’ensemble Alkymia qui propose une approche assez originale : sur instruments anciens, vous abordez musique contemporaine et musique populaire. D’où vient cette idée ?   

M. D. E. : Elle part d’un constat : le public de musique ancienne est de plus en plus important, alors que celui de la musique contemporaine est bien plus restreint. Les musiciens d’Alkymia et moi-même avons eu l’idée de prendre appui sur l’étiquette « musique ancienne » et d’en profiter pour travailler des répertoires contemporains peu abordés. Il s’agit finalement de redécouvrir la musique ancienne tout en faisait découvrir des créations nouvelles. Mais nous ne cherchons pas forcément une esthétique contemporaine.  

Que cherchez-vous alors ? 

M. D. E. : Par exemple, je pense à un de nos projets basé sur trois commandes pour trois compositeurs différents : Daniel Alvarado, Sirah Martinez et Bertrand Plé. Nous les avons engagés à travailler respectivement sur la musique médiévale, la musique de la Renaissance et la musique du XVIIe, selon un cahier des charges spécifiant ce qui nous intéressait dans chaque répertoire. Je savais que pour Bertrand Plé, qui a travaillé sur le baroque, la rhétorique du mot est très importante. Chez Sirah Martinez, qui s’est occupée de la musique façon Renaissance, le contrepoint a une place majeure. C’est dans cette approche mi-recherche, mi-expérimentation, que nous nous sentons le plus motivés à faire de la musique ancienne tout en la faisant dialoguer avec un répertoire contemporain.

Ensemble Alkymia © Lionel Audinet
Angel

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