Chanteur de formation, Stephan MacLeod aborde très tôt la musique baroque par la voix, terrain où il découvre la puissance expressive du répertoire sacré comme des grandes fresques vocales allemandes. De ses années de soliste auprès des plus grands chefs, il conserve un sens aigu du timbre, du style et de la construction sonore, ainsi qu’une curiosité musicologique jamais démentie. En 2005, il fonde à Genève Gli Angeli Genève, réunissant instrumentistes et chanteurs libres, engagés et ouverts sur plusieurs siècles de musique. Son ambition : faire vivre Bach au plus près de son souffle, explorer les filiations entre polyphonies anciennes et baroque, et transmettre ces œuvres avec une exigence qui n’exclut jamais la simplicité ni l’humanité. Vingt ans plus tard, cette quête trouve un aboutissement spectaculaire avec la parution de l’intégrale des cantates sur mélodie de choral de Bach, projet phare d’un parcours où rigueur, intuition et sens du collectif avancent toujours de concert.
À l’occasion des vingt ans de votre ensemble, quel bilan faites-vous de son évolution, musicale et humaine ?
Stephan MacLeod: L’ensemble est né de presque rien. Je faisais partie de ceux qui n’ont ni soutien financier initial, ni réseau de mécènes. En revanche, j’ai bénéficié très tôt d’un appui solide des autorités genevoises. En Suisse, la culture dépend des cantons et des communes ; il n’existe pas de ministère. Genève a cru en notre projet, d’abord centré sur les cantates de Bach. J’ai compris qu’un programme de long terme serait déterminant. Les cantates étaient peu jouées : c’est devenu notre fil conducteur. Pendant les premières années, nous donnions trois concerts par an à Genève. Puis il a fallu diffuser davantage notre travail…
Comment cela s’est-il passé ?
S. M. : Notre premier disque a attiré l’attention de Sony, qui a publié nos deux premiers albums consacrés aux cantates, lancés avec succès en 2007 et 2009. Le développement administratif a été plus lent. En Suisse, il est plus facile de financer les concerts que la structure. Pendant cinq à sept ans, j’ai tout fait moi-même : administration, régie, logistique. Peu à peu, nous avons pu salarier quelques personnes. Aujourd’hui, l’ensemble compte près de trois équivalents temps plein et donne chaque année une trentaine de concerts, à Genève et en tournée. Nous fêtons nos vingt ans, mais nous sommes encore en construction…
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