De la Messe en si mineur à la réalité augmentée dans la maison de Bach, du grand orchestre symphonique à l’ensemble baroque : le Bachfest Leipzig n’est pas un festival uniquement dédié à la musique ancienne. Il faut dire que les deux ensembles les plus prestigieux de cette ville de l’est de l’Allemagne, le Thomanerchor — aujourd’hui bien plus étoffé qu’à l’époque de Bach — et l’Orchestre du Gewandhaus — un orchestre symphonique moderne — sont traditionnellement très impliqués dans la programmation du festival. Mais c’est une authentique plongée dans l’histoire de la musique qui nous emmène sur les lieux même où ont été créé certaines œuvres et qui explore la vie culturelle foisonnante de la ville.
Le thème de la “transformation” est cette année au cœur du Bachfest Leipzig, qui se tient depuis 1999 dans les lieux originels (lorsqu’ils ont été conservés) où Bach exerça de 1723 jusqu’à sa mort en 1750. Le directeur du festival, Michael Maul, musicologue et chercheur à l’Archive Bach de Leipzig, nous explique ce thème : « Oui, le mot de “transformation” est omniprésent en ce moment. On pourrait croire qu’on suit une tendance. Mais je pense qu’en regardant notre programme, on peut se convaincre du contraire, parce que transformation est réellement une notion qui permet de mettre en avant un aspect de l’œuvre de Bach qui l’a accompagné toute sa vie. »

Et cela dans des perspectives très variées, toutes explorées dans la programmation du festival : d’abord, par la manière dont Bach a développé les styles et traditions de ses prédécesseurs. « Et il ne le fait pas par goût du pastiche, mais pour élaborer son propre style », explique Maul. Il cite en exemple le Stabat Mater de Pergolèse, que Bach a transformé en une cantate, Tilge, Höchster, meine Sünden, « c’est-à-dire une paraphrase de psaume. Il a carrément recomposé la partie d’alto, parce que chez Pergolèse, il y avait trop de passages colla parte entre l’alto et le second violon. Il transforme ainsi un chef-d’œuvre de la musique catholique en une œuvre semi-nouvelle, destinée au culte protestant à Leipzig. »
Bach a aussi constamment retravaillé ses propres œuvres. Maul cite la Passion selon saint Jean qui a connu : « au moins quatre exécutions différentes, chaque fois remaniée ». Bien entendu, Bach a aussi séduit des musiciens de jazz, pop ou rock, et sa musique constitue aujourd’hui la base de nombreuses œuvres électroniques — autant de facettes présentes également au programme du Bachfest.
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