Du Brésil aux plus grandes scènes européennes, Bruno de Sá chante en soprano depuis sa plus tendre enfance. Né à Santo André, dans l’État de São Paulo (Brésil), en 1989, il s’est formé à l’Universidade Federal de São Carlos et à l’Universidade de São Paulo, où il entame sa carrière alors qu’il est encore étudiant, avant de rejoindre la Hochschule für Musik de Bâle, puis le Studio du Theater Basel. Lauréat de l’Oper! Award 2020 et du trophée ForumOpéra 2022 dans la catégorie « Révélation de l’année », il a publié deux albums, Roma Travestita et Mille Affetti. Célèbre pour ses tenues de concert flamboyantes, il trace un parcours pionnier, bousculant les attentes, brisant les stéréotypes, se faisant à la fois costumier et artisan d’une trajectoire inédite.
Mes débuts musicaux
Dans ma famille, tout le monde chante. Mes parents se sont rencontrés dans la chorale de l’église lorsqu’ils étaient adolescents et ont chanté dans le même chœur pendant trente ans. Je suis monté sur scène à deux ans, micro en main, pour chanter un solo. Personne ne peut vous enlever cette expérience de la scène — que vous soyez professionnel ou non, cela n’a pas d’importance. Je n’ai jamais eu ce moment où je découvrais que j’étais sopraniste. Je chante dans l’aigu depuis l’âge de deux ans. J’ai mené une double vie : tout le monde à l’église savait que je chantais, et personne ne le savait à l’école. J’étais un élève d’un niveau très élevé, un vrai « intello ». Un jour, alors que je chantais en recopiant le tableau, toute la classe s’est soudain tue pour m’écouter : ce fut la fin de ma double vie. Quand je leur ai dit que je pensais me consacrer à la musique, la réaction a été : « Fonce ! » On m’a invité à chanter lors de la fête de fin d’études et les gens sont devenus fous. J’étais une star !
Ma formation musicale
Je voulais devenir professeur de musique, et le chant n’était qu’un loisir jusqu’à mes vingt ans. J’ai d’abord obtenu une licence en pédagogie musicale — je jouais de la flûte. À mi-parcours, je me suis tourné vers le chant et j’ai commencé à prendre des cours. J’ai réalisé que ma technique n’était pas suffisante et je me suis inscrit à une seconde licence de chant, mais avec l’objectif de devenir un meilleur enseignant plutôt que de mener une carrière d’interprète. Bien sûr, je chantais toujours dans l’aigu, mais je n’y étais pas particulièrement attaché comme identité vocale ; mon professeur me traitait comme n’importe quel autre élève : nous nous concentrions simplement sur la technique de base — le soutien, la respiration — et laissions les choses se développer.
À la fin du deuxième semestre, [le claveciniste, chef et pédagogue brésilien] Nicolau de Figueiredo est venu de France pour donner une masterclass et, même si j’étais encore un chanteur très brut, presque débutant, mon professeur m’a poussé à y participer. Je n’avais aucune idée de l’importance de Nicolau (sinon je n’aurais jamais osé !), et je suis arrivé pour chanter Amarilli, mia bella de Caccini… Nicolau était au clavecin et, lorsque j’ai terminé, il était en larmes : il m’a dit qu’il n’avait jamais rien entendu de tel, et c’est lui qui m’a fait découvrir le terme « sopraniste ».
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