

On connaît Élisabeth Jacquet de La Guerre, enfant prodige de la cour de Louis XIV ; on joue moins souvent Anna Bon et Wilhelmine von Bayreuth, musiciennes liées au milieu de Bayreuth et à la flûte, instrument cher à Frédéric II. Avec Compositrices, la flûtiste Marta Gawlas réunit ces trois figures autour d’un même geste : faire entendre, sans manifeste appuyé, la finesse d’écriture et l’inventivité de musiciennes trop peu présentes au disque. Une entrée lumineuse dans un répertoire à redécouvrir.
On croit connaître les sonates pour viole de gambe et clavecin de Bach ; les voici replacées dans leur part d’ombre par Atsushi Sakai et Christophe Rousset. Œuvres difficiles à situer, cycle véritable ou réunion de pièces autonomes, elles deviennent ici un espace de dialogue serré entre la viole et le clavecin, entre rigueur contrapuntique, chant intérieur et méditation.
Roland furieux n’a cessé d’aimanter l’imaginaire baroque. Avec « Furioso », Xavier Sabata, Le Concert de l’Hostel Dieu et Franck-Emmanuel Comte en proposent un parcours concentré, où le héros de l’Arioste apparaît tour à tour chevalier, amant égaré, figure de fureur et âme vacillante. Un disque construit comme un théâtre intérieur.
On connaît « Iphigénie en Tauride » de Gluck ; voici celle, plus rare, de Tommaso Traetta, proposée par Christophe Rousset et Les Talens Lyriques. Capté à Innsbruck, cet enregistrement remet en lumière une autre lecture musicale du mythe, entre héritage de l’opera seria et nouvelles exigences dramatiques, portée par un plateau vocal engagé. Une découverte !