France, Suisse, Espagne, Autriche, Pays-Bas

→De Paris à Hambourg, de Bâle à Barcelone, la musique ancienne se réinvente entre hip-hop, danse de la Renaissance, grandes passions baroques et lutherie italienne. Tour d’horizon de quelques concerts et créations qui ont fait dialoguer les siècles, les styles et les scènes européennes cette semaine.

France, Suisse, Espagne, Autriche, Pays-Bas
© William Sundfor

Locura, folie baroque hip-hop, concertante et dansée à Paris

Au Théâtre du Châtelet de Paris et fidèle à ses ambitions exploratrices, Franck-Emmanuel Comte et les musiciens de son ensemble, Le Concert de l’Hostel Dieu, ont présenté « Locura », en collaboration avec le chorégraphe Mourad Merzouki et la Compagnie Käfig. Une soirée enthousiasmante, où la musique et le chant baroques dialoguaient avec l’énergie cadencée de la danse hip-hop. Porté par une esthétique visuelle inventive et de beaux jeux de lumière, ce spectacle autour de la folie a peu à peu gagné la salle tout entière. Donné dans le cadre des « Folies Musicales » du Châtelet, il doit ensuite tourner dans plusieurs villes françaises.

Avec Compagnie Käfig, Mourad Merzouki, Le Concert de l’Hostel Dieu et Franck-Emmanuel Comte.

© Dirk Letsch

Crosswinds à Bâle avec Into the Winds

À la salle Don Bosco de Bâle, en Suisse, et après un projet discographique ambitieux autour de la folie de Charles VI, Adrien Reboisson et l’ensemble Into the Winds, en coproduction avec l’ensemble chorégraphique Les Corps Éloquents, dirigé par Hubert Hazebroucq, ont donné la première représentation de leur nouveau spectacle, « Crosswinds ». Cette création plonge dans la vision du monde de la première Renaissance et fait se croiser chorégraphies d’époque, compositions inspirées des styles anciens, recompositions et moments d’improvisation contemporaine.

Avec Les Corps Éloquents, Hubert Hazebroucq, Into the Winds et Adrien Reboisson.

© Stephan Lippert

Janine Jansen et Camerata Salzburg à Barcelone

La violoniste néerlandaise Janine Jansen et Camerata Salzburg, sous la direction de Gregory Ahss, ont enthousiasmé le public catalan au Palau de la Música Catalana de Barcelone avec Les Quatre Saisons de Vivaldi. Le programme réunissait également le Piccolo concerto grosso, op. 87, de Richard Dubugnon, le Concerto per l’archi de Nino Rota et le Concerto grosso n° 12 en ré mineur, « La Folia », de Francesco Geminiani.

Avec Janine Jansen, Camerata Salzburg et Gregory Ahss.

© Concentus Musicus

Concentus Musicus Wien aux Journées internationales Nikolaus-Harnoncourt

Concentus Musicus Wien a ouvert la cinquième édition des Journées internationales Nikolaus-Harnoncourt en l’église paroissiale de Sankt Georgen im Attergau, en Haute-Autriche, avec Alexander’s Feast, HWV 75, de Georg Friedrich Haendel. L’édition 2026 était marquée par le dixième anniversaire de la mort du chef, disparu en 2016 dans cette commune autrichienne. Une deuxième soirée était consacrée à un « Tour baroque » avec la mezzo-soprano Camilla Lehmeier.

Avec le Concentus Musicus Wien, Camilla Lehmeier et Stefan Gottfried.

© Jann Winkel

PRJCT Amsterdam à Hambourg avec la Brockes-Passion de Haendel

L’ensemble PRJCT Amsterdam, dirigé par Maarten Engeltjes, a clos à l’Elbphilharmonie de Hambourg, après Amsterdam, Bruxelles et Rotterdam, une tournée consacrée à la Brockes-Passion, HWV 48, de Haendel. Cette Passion, sur un texte du poète hambourgeois Barthold Heinrich Brockes, fut composée en 1716 et créée à Hambourg en 1719.

Avec le Vlaams Radiokoor, PRJCT Amsterdam et Maarten Engeltjes.

© Chicken Das

L’ensemble La Capriola en Vendée pour une résidence et un concert

L’ensemble La Capriola, dont fait partie la musicienne aux nombreux visages Manon Papasergio, a clos une semaine de résidence à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée, par un concert en l’église Saint-Laurent du Fenouiller. Cette résidence était consacrée à la création de son nouveau programme instrumental, centré sur les deux principaux foyers de lutherie italiens du XVIe siècle : Brescia et Crémone. Saint-Gilles-Croix-de-Vie revêt une importance particulière pour l’ensemble : ses violons, copies d’instruments réalisés par la famille Amati, active à Crémone au XVIe siècle, ont été fabriqués par le luthier Jean-Paul Boury, installé dans la commune. « Jouer la musique lombarde de la Renaissance avec nos violons, ici même où ils ont vu le jour, tisse un lien singulier entre les lieux et les époques : nos instruments, façonnés aujourd’hui sur la côte vendéenne, portent en eux la mémoire de l’Italie de la Renaissance », affirme l’ensemble.

Avec La Capriola.