Un programme singulier, des lieux originaux, des thématiques actuelles souvent accompagnées d’une forte dimension intellectuelle : tels sont les marqueurs du early music festival de Cologne, organisé par l’équipe du Zamus, (le “Zentrum für Alte Musik”, c’est-à-dire le “Centre pour la musique ancienne”). Nous avons rencontré la violoniste Midori Seiler, directrice artistique de ce festival hors norme, pour comprendre comment ces choix trouvent leur source dans l’esprit même de la ville et du centre — et pourquoi le public y adhère avec autant d’enthousiasme.
Cologne, grande ville de l’ouest de l’Allemagne, est connue pour son esprit politique, son ouverture intellectuelle et idéologique, son attachement à l’actualité — mais aussi comme centre névralgique à la fois de la scène LGBTQIA+ et du mouvement de musique ancienne en Allemagne. Le Zamus de Cologne se présente comme le prolongement naturel de cette mentalité propre à la ville dans le champ de la pratique historique — laquelle s’y est imposée plus tôt qu’ailleurs grâce notamment à l’engagement précoce de la radio WDR. Fondé en 2011 par la Société de musique ancienne de Cologne, le Zamus se veut un creuset pour la scène : un lieu d’émulation, d’échanges, d’expérimentation et de transmission, destiné aussi bien aux musiciens professionnels qu’aux amateurs, étudiants et curieux de tous âges. Et ces échanges sont bien au cœur de la programmation : avec d’autres formes d’art, avec les sciences, ou en lien avec les enjeux sociétaux et politiques contemporains. C’est dans ce contexte que l’équipe du Zamus, autour de sa directrice artistique Midori Seiler, a placé la nouvelle édition du festival sous la devise « Extase et contemplation ». Du 21 au 31 mai, ce sont 22 événements qui seront proposés, allant du concert d’église avec des pièces de Pérotin à une table ronde sur le colonialisme dans la musique ancienne ; de concerts plus traditionnels autour de Haydn ou de compositeurs baroques à des pièces pour piano à quatre mains de Mahler et Beethoven ; d’un early music marathon dans le parc municipal de Cologne (moins sportif qu’il n’y paraît !) à une fusion entre ars nova et danse indienne. Un programme pour le moins foisonnant…

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