Contre-ténors : la filière sud-américaine

Maximiliano Danta, de Montevideo à Innsbruck

→Formé en Uruguay puis en Italie, le contre-ténor Maximiliano Danta explore la musique ancienne comme chanteur et poly-instrumentiste, tout en poursuivant, dès qu’il le peut, son engagement auprès d’enfants défavorisés.

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Maximiliano Danta, de Montevideo à Innsbruck
Maximiliano Danta (Anastasio) dans l'opéra Il Giustino de Vivaldi lors du Festival de musique ancienne d'Innsbruck en août 2025 © Birgit Gufler

Formé en Uruguay puis en Italie, lauréat du Concours Cesti pour chanteurs baroques 2024 et du Concours international des voix Renata Tebladi en 2025, Maximiliano Danta, dit “Max”, a déjà enregistré le rôle d’Amore dans La Flora de Marco da Gagliano et participé au disque Vespro per San Contardo d’Este de Giovanni Battista Vitali avec les Madrigalisti Estensi. Il est également le fondateur de l’ensemble de musique ancienne L’Humana Fragilità, au sein duquel il se produit régulièrement. Après des études à l’Escuela Nacional de Arte Lírico de Montevideo (Uruguay) puis l’obtention d’un diplôme de chant Renaissance et baroque au Conservatoire G. Cantelli de Novare, il poursuit actuellement un cycle de perfectionnement en musique de chambre pour instruments anciens et voix au Conservatoire Giuseppe Verdi de Turin. Portrait d’un amoureux de la musique, aussi à l’aise en soliste qu’accompagné, à la voix comme au lirone ou au cornet à bouquin.

Comment tout a commencé

Je ne viens pas d’une famille de musiciens. Ma famille est très religieuse — surtout du côté de ma mère — et j’ai grandi au sein d’une communauté luthérienne où la musique chorale occupait une place centrale : chaque église disposait d’un harmonium, et non d’un orgue à tuyaux (je regardais la femme qui en jouait actionner les pédales pour envoyer l’air dans ce merveilleux instrument… !) ainsi que de sa propre école de musique, où étaient formés musiciens, chefs de chœur et chefs d’orchestre. Les chorales étaient composées des membres mêmes de la communauté.

Ma mère chantait dans le chœur ; mon enfance s’est donc déroulée au milieu des répétitions, à écouter des cantiques, de la polyphonie, des voix qui apprenaient à travailler ensemble. Je me souviens très bien de la première fois où j’ai entendu l’Alléluia du Messie de Haendel depuis la tribune : je me suis dit : « J’aime cette musique. » Adolescent, je n’ai jamais aimé la pop ; seule la musique classique m’attirait.

Ma formation musicale

Entre six et treize ans, j’ai chanté dans des chœurs, à l’église et à l’école. J’étais un enfant très agité, toujours à la recherche d’activités gratuites dans mon quartier ; j’ai même rejoint pendant un temps une troupe de théâtre pour jeunes. J’avais peut-être certaines dispositions musicales, mais je ne me distinguais pas par une voix particulièrement remarquable.

À seize ans, j’ai décidé d’étudier la flûte. Je ne saurais pas vraiment dire pourquoi : cet instrument me plaisait. La cheffe de chœur de mon lycée m’a encouragé à entrer dans un établissement de formation musicale. Elle m’a aidé à prendre contact, j’ai réussi le concours d’entrée, et peu à peu mon intérêt pour la musique s’est renforcé. Même si, au départ, je souhaitais faire des études de médecine vétérinaire, la musique occupait déjà l’essentiel de mon temps. J’ai étudié pendant cinq ans à l’École nationale d’opéra d’Uruguay, à Montevideo.

Une expérience m’a profondément marqué. Notre cheffe nous a invités à assister à un concert d’un chœur d’hommes hongrois. Je crois que c’était la première fois que j’entendais un contre-ténor. Je lui ai demandé : « Comment fait-il pour chanter aussi aigu ? » Sa réponse m’accompagne encore aujourd’hui : « En travaillant. » Peu après, j’ai décidé d’entamer des études de chant, parallèlement à la flûte. J’avais déjà renoncé à la médecine vétérinaire, ce qui avait suscité certaines inquiétudes dans ma famille : « Comment vas-tu gagner ta vie ? », « La musique, c’est beau, mais ce n’est qu’un loisir. »

Angel

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