Isabelle Battioni : « Nous faisons partie des “indés” de la musique »

→Isabelle Battioni préside le REMA qui compte 182 membres dans 28 pays, parmi lesquels 91 festivals, 67 ensembles, et une quarantaine d’instituts de recherche et académies. Le Réseau incarne une véritable filière européenne de la musique ancienne, qui revendique son caractère indépendant.

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Isabelle Battioni : « Nous faisons partie des “indés” de la musique »
Isabelle Battioni : au XVIIe siècle la musique ancienne a été européenne avant d'être nationale © Culto Productions

La française Isabelle Battioni est la présidente du Réseau Européen de Musique Ancienne (REMA) depuis le printemps 2025. Loin de l’entre-soi des années 1960 à 1980, la musique ancienne s’est aujourd’hui transformée en une véritable filière européenne. Le REMA en est l’un des moteurs dynamiques, avec 182 membres dans 28 pays. Isabelle Battioni revendique une identité assumée : celle d’un secteur « indépendant », agile et profondément européen, qui irrigue les territoires.

Vous dites : « Nous faisons partie des « indés » de la musique. » Qu’entendez-vous par là ? 

Isabelle Battioni : C’est d’abord une manière d’assumer ce que nous sommes : un secteur indépendant, fait d’ensembles, de festivals, de petites structures très efficaces, qui fonctionnent souvent avec peu, mais fonctionnent, au plus près des territoires. Nous ne sommes pas construits sur de lourdes institutions avec de grands plateaux permanents ; nous avançons avec souplesse, par projets, par alliances, par curiosité. C’est cette biodiversité qui fait notre force. 

À quel moment ce « mouvement » est-il devenu une filière ? 

I. B. : Entre 2000 et 2005, on a vu changer l’échelle. L’essor du disque, la progression des connaissances, la professionnalisation… tout cela a fait basculer la musique ancienne. Avec sa création en 2000, le REMA a suivi ce mouvement : d’un réseau de programmateurs, nous sommes devenus un espace qui rassemble toute la chaîne musicale : ensembles, festivals, centres de recherche, conservatoires, éditeurs, facteurs d’instruments. On n’est plus « l’anecdote » de la musique classique : on est une filière pleine et entière, avec ses systèmes de recherche, ses éditions, ses circuits de diffusion et ses modèles de financement — différents, oui, mais solides.

Réuni autour de la présidente Isabelle Battioni, le bureau exécutif du Réseau Européen de Musique Ancienne lors de la conférence de Vilnius 2025 © Culto Productions
Angel

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