Il est l’un des premiers festivals de musique ancienne en France. Créé en 1972, le Festival de Saintes ne cesse d’innover. David Théodoridès, son directeur depuis 2023, et la directrice artistique Ophélie Gaillard le prouvent encore avec quelques temps forts de l’édition 2025.
Comment ça va, aujourd’hui, à Saintes, dans le contexte actuel ?
David Théodoridès : Moi, je trouve que ça va bien à Saintes ! Mieux qu’on ne pourrait l’imaginer, même. Depuis 2023, on a fait évoluer notre manière de fonctionner, en proposant une direction artistique tournante, confiée à des artistes en activité. Hervé Niquet a été le premier à se prêter à l’exercice, pour les éditions 2023 et 2024. Et à sa suite, nous avons invité Ophélie Gaillard, directrice de l’ensemble Pulcinella, qui est une référence dans l’interprétation sur instruments anciens. Ce changement, c’est plus qu’un ajustement organisationnel : c’est un souffle nouveau qui permet au festival de se renouveler sans renier son identité.

Chaque directeur artistique insuffle une couleur, une sensibilité propre. C’est une manière de refléter la diversité de la scène baroque européenne actuelle, mais aussi de réaffirmer notre dimension festive. Oui, festive, dans le vrai sens du terme : un moment de partage, d’élan, de curiosité. Et ça, ça fait du bien.
Surtout après les années Covid, qui ont sérieusement entamé la dynamique. On a vu le public se raréfier, douter, hésiter. Grâce à cette ouverture, on a réussi à retrouver ceux qui avaient un peu déserté, et à séduire de nouveaux auditeurs. On sent une envie très forte du public, cette soif de retrouver la musique dans sa dimension vivante, immédiate, collective. Et les chiffres le confirment : la fréquentation est en nette hausse, et on sent que quelque chose est en train de se reconstituer.
Sur le plan économique, quid du soutien des collectivités territoriales ?
D. T. : On ne va pas se mentir : la situation économique est tendue. Le département de la Charente-Maritime (en cessation de paiement) a dû réduire ses aides, comme beaucoup d’autres collectivités. Cela a eu un impact sur l’ensemble du tissu associatif, culturel et sportif compris. Bien sûr que cela nous affecte. Le festival, mais aussi l’Abbaye aux Dames dans son ensemble, le Centre culturel de rencontre et toutes les activités qui s’y rattachent.

Mais dans cette conjoncture difficile, il faut aussi souligner les bonnes nouvelles. La Région Nouvelle-Aquitaine et l’État continuent de nous soutenir à un niveau constant, ce qui est essentiel pour maintenir notre équilibre. Et je veux ici saluer aussi la fidélité de nos partenaires privés, qu’ils soient issus du monde économique local, de grandes fondations ou qu’il s’agisse de mécènes individuels. Ce soutien est vital. Il est la preuve que ce festival est perçu comme un atout pour le territoire, un outil de rayonnement, de cohésion, un lieu de rassemblement autour d’une musique à la fois exigeante et accessible.
On serre les dents, oui, mais on avance. Parce que ce qui nous porte, c’est cette mission : celle de proposer une certaine idée de la musique, du partage, de l’écoute, de la rencontre. Et ça, ça reste plus fort que tout.
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