Elle est une des grandes sopranos baroques du monde, elle a soixante-dix enregistrements à son actif et s’est produite avec tous les ensembles de musique ancienne de prestige sur la planète, au cours des années formatrices du mouvement. Recrutée par un chasseur de têtes, alors qu’elle n’était a priori pas candidate, Suzie LeBlanc (née au Nouveau-Brunswick, Canada) est la directrice artistique et exécutive d’Early Music Vancouver (EMV) depuis 2021. Sa saison 25/26, la 55ᵉ saison d’EMV, est un vrai kaléidoscope : de Bach en miroir avec la poésie persane, de mashups jazz-médiéval aux feux d’artifice vivaldiens, en passant par Chopin sur son Pleyel favori. L’ensemble en résidence d’EMV, le Pacific Baroque Orchestra (PBO), y tient toute sa place, et EMV propose même un programme numérique qui fait entrer des concerts conçus sur mesure directement dans votre salon. Suzie Leblanc nous raconte les coulisses de la construction de sa nouvelle saison.
Comment est née Early Music Vancouver ?
Suzie LeBlanc : EMV a vu le jour en 1970 comme organisation communautaire, menée par un groupe de passionnés de musique ancienne qui montaient des concerts et ateliers informels. José Verstappen s’orientait déjà vers l’administration et il devint directeur artistique officiel en 1979. Il fut suivi par le contre-ténor canadien Matthew White en 2013, qui quitta son poste en 2020. Ainsi, en 55 ans d’histoire, EMV n’a connu que trois directeurs artistiques.
EMV est une structure de diffusion, et pourtant vous avez un orchestre en résidence, ce qui est très inhabituel. Comment cela s’est-il fait ?
S. L. : Le Pacific Baroque Orchestra a été fondé en 1990 par le violoniste baroque canadien Marc Destrubé, qui s’est retiré en 2007. Alexander Weimann en est devenu le directeur artistique en 2009. Malheureusement, en 2013, le PBO traversait de graves difficultés financières. Matthew White y a vu une opportunité et, grâce à des financements publics, a rattaché l’orchestre à EMV, qui en est désormais l’entité officielle. Avoir un « orchestre maison », en quelque sorte, nous rend uniques en tant que diffuseurs.
Et l’Allemand Alexander Weimann est arrivé avec le PBO comme directeur musical.
S. L. : Oui ! Alex est un organiste, claveciniste et chef d’orchestre extraordinaire. Nous nous sommes rencontrés il y a 40 ans à Berlin en jouant ensemble, puis retrouvés lorsqu’il a immigré à Montréal. Je l’admire tellement que je lui ai demandé de diriger mon enregistrement du Gloria de Haendel. Une grande motivation à accepter ce poste a été de pouvoir retravailler avec Alex.

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