Crémone, Potsdam, Montréal, Londres, Nuremberg

→De Crémone à Montréal, en passant par Londres, Potsdam et Nuremberg, cette semaine met en lumière de nouveaux événements à travers les festivals d’Europe et d’outre-atlantique : un premier opéra de Cavalli dans sa première mise en scène moderne, une Grande Nuit Musicale à trois grands concerts retransmise en direct, sans oublier Bach en inauguration et en clôture de festival en Allemagne et au Canada.

Crémone, Potsdam, Montréal, Londres, Nuremberg
© Antonino Dimondo

Les Noces de Thétis et de Pélée de Cavalli au Festival Monteverdi de Crémone

Au Théâtre Ponchielli de Crémone, le 43e Festival Monteverdi a présenté Les Noces de Thétis et de Pélée, premier opéra de Francesco Cavalli, dans sa toute première mise en scène moderne. La reconstitution musicale signée par le chef Antonio Greco, qui a comblé les lacunes de la partition à partir de la seule source manuscrite connue, a permis d’en donner une exécution intégrale. L’œuvre avait été composée pour le Teatro San Cassiano de Venise, à l’occasion du Carnaval de 1639. Les vingt-huit personnages du livret d’Orazio Persiani ont été confiés à une distribution de jeunes chanteurs, dont plusieurs lauréats du Concours Cavalli Monteverdi. La metteuse en scène Petra Deidda les a fait évoluer le plus souvent à l’avant-scène, où l’orchestre était lui aussi visible du public — une disposition qui invitait les spectateurs à entrer pleinement dans cette festa teatrale.

Avec Valentina Ferrarese, Ferran Albrich, Danilo Pastore, Angelo Testori, Alessandro Ravasio, Jorge Navarro Colorado, Mara Gaudenzi, Marzia Marzo, Benedetta Zanotto, Arrigo Liverani Minzoni, Matteo Laconi, Giacomo Pieracci, Maximiliano Danta, Gaia Ammaturo, Alessandro Simonato, Marcello Zinzani, Antonio Greco et l’Orchestre et le Chœur Cremona Antiqua.

© Andrew Yang

A Potsdam, musique baroque sous le regard de Raphaël

Petit événement aux Musikfestspiele Potsdam Sanssouci : le contre-ténor Andreas Scholl y a fait ses débuts, entouré de la flûtiste Dorothee Oberlinger et de la claveciniste Olga Watts, dans un programme d’airs de Haendel, Caldara, Corelli, Bach et Telemann. Le concert se tenait dans la salle Raphaël de l’Orangerie du Palais, baignée de lumière naturelle et conçue par Frédéric-Guillaume IV. Cette salle abrite la collection royale d’une cinquantaine de copies de tableaux de Raphaël — un cadre singulier pour ces airs baroques.

Avec Andreas Scholl, Dorothee Oberlinger et Olga Watts.

© Montréal Baroque

Ouverture du Festival Montréal Baroque

Le Festival Montréal Baroque s’est ouvert dans la chapelle de l’église Notre-Dame-de-Bon-Secours de Montréal avec l’Oratorio de l’Ascension de Jean-Sébastien Bach, interprété par l’Ensemble Caprice et le Grand Chœur du Festival, sous la direction de Matthias Maute. Les parties solistes étaient confiées à Ellen (Len) Torrie (soprano), Nicholas Burns (contre-ténor), Charles Daniels (ténor) et Alasdair Campbell (baryton). La traditionnelle parade baroque de la rue Saint-Paul, prévue plus tôt dans la journée, avait dû être annulée en raison de la météo.

Avec Len Torrie, Nicholas Burns, Charles Daniels, Alasdair Campbell, Matthias Maute, l’Ensemble Caprice et le Grand Chœur du Festival.

© Morgan Pears

Franco Fagioli à Londres avec l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles

Dans l’église anglicane St Martin-in-the-Fields de Londres, le contre-ténor Franco Fagioli et les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra Royal du Château de Versailles, sous la direction de Stefan Plewniak, ont fait leurs débuts sur la scène londonienne avec le programme « Arias pour Velluti, le dernier castrat ».

Avec l’Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles, Stefan Plewniak et Franco Fagioli.

© Gert Mothes

La Messe en Si en clôture du Bachfest 2026 à Leipzig

Tradition oblige, l’édition 2026 du Bachfest Leipzig s’est terminée sur la Messe en Si par le Chœur de Saint-Thomas et l’Akademie für Alte Musik de Berlin, sous la direction du cantor de Saint-Thomas, Andreas Reize. Composée de 27 mouvements distincts, cette messe a été écrite par Jean-Sébastien Bach à Leipzig durant plusieurs périodes de création, reprenant notamment des mouvements issus de cantates antérieures, et sera finalement achevée en 1749, un peu moins d’un an avant sa mort.

Avec Dorothee Mields, Miriam Feuersinger, Ulrike Malotta, David Fischer, Manuel Walser, Andreas Reize, le Thomanerchor Leipzig et l’Akademie für Alte Musik Berlin.

Maayan Licht, Martyna Pastuszka & {oh!} Orkiestra © Valeska Rehm

A Nuremberg, la nuit musicale en ouverture de la 75e édition de Musikfest ION

Le festival ION de Nuremberg a ouvert l’édition de son 75e anniversaire avec une Grande Nuit Musicale : trois concerts interprétés dans trois lieux différents, et redonnés chacun trois fois, offrant au public une déambulation musicale entre 19h00 et minuit. Dans le Rathaussaal, le sopraniste Maayan Licht accompagné de l’ensemble {oh!} Orkiestra dirigé par Martyna Pastuszka, a fait salle comble autour d’un répertoire à la croisée de Haendel, Vivaldi et Porpora, de même que l’ensemble Solomon’s Knot à l’Église Saint-Sébald avec les cantates de Bach, et l’ensemble Chanticleer à l’Église Saint-Égide dans un programme consacré à la musique vocale sous toutes ses formes.

Avec Maayan Licht, Martyna Pastuszka, l’ensemble {oh!} Orkiestra, l’ensemble Solomon’s Knot et l’ensemble Chanticleer.