Contralto canadienne de 33 ans, Rose Naggar-Tremblay se forme à l’Université McGill puis à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal avant de passer sur le devant de la scène en février 2025 : portée dans l’urgence par la confiance du chef de la production, Christophe Rousset, elle reprend au pied levé le rôle-titre du Giulio Cesare de Haendel à Toulouse, alors qu’elle était engagée pour celui de Cornelia. Cette expérience scelle son lien avec Haendel, auquel elle consacre aujourd’hui son premier album, Haendel gourmand, paru chez Arion en novembre 2025. Dans cet entretien, la chanteuse revient sur son travail de prosodie, son approche psychologique des rôles, son ancrage franco-canadien et ce double chemin qu’elle cultive entre opéra et chanson, exploits et intimité.
Pourquoi ce choix de Haendel pour un premier album ?
Rose Naggar-Tremblay : En tant que jeune contralto, c’est le compositeur qui est le plus susceptible de m’offrir des premiers rôles ! C’est un répertoire que j’aime et dans lequel je me sens bien aujourd’hui, d’ailleurs j’ai choisi uniquement des rôles que j’ai déjà faits ou que je prévois de chanter. Et puis Haendel, c’est la santé de ma voix, j’aime y revenir même si je chante du répertoire romantique : il exige de l’agilité, de la ligne et un sens de la déclamation pour les récitatifs. Dans ses opéras, il faut oser les contrastes et les couleurs, on n’en a jamais assez !
Et ce titre pour votre album, Haendel gourmand ?
R. N.-T. : Pour moi Haendel, c’est le répertoire des fêtes : on accueille des amis à la maison, on prépare un bon repas, c’est associé dans mon imaginaire à la gourmandise. Et puis on en veut toujours plus ! Mon vœu c’est que mon album puisse accompagner ces moments de joie. J’ai lu certains articles qui disaient que c’était aussi un compositeur qui aimait la bonne chère, mais cette gourmandise, c’est surtout le plaisir de notre approche.
Qu’apporte l’Orchestre de Chambre de Toulouse à cet enregistrement ?
R. N.-T. : Ce sont comme moi des touche-à-tout très sérieux dans le travail : pour cet enregistrement ils jouent sur instrument ancien au diapason 415. On a abordé cette musique de la même manière, avec l’humilité de nous savoir non-spécialistes mais en cherchant des conseils pour faire au plus juste. Avec un orchestre de chambre, il y a une écoute immédiate, une habitude de travail et aussi cette réactivité qui est essentielle dans la musique ancienne. D’ailleurs pour cet enregistrement, il n’y a pas de chef d’orchestre, c’est le premier violon qui donnait les départs.
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