Le journal de Salzbourg 2025 (1/3)

Avec Lucile Richardot, dans les coulisses de « Giulio Cesare »

→L’été dernier au Festival de Salzbourg (Autriche), la mezzo-soprano française Lucile Richardot interprétait Cornelia dans « Giulio Cesare » de Haendel, mis en scène par Dmitri Tcherniakov, avec Emmanuelle Haïm à la direction musicale. Entre un trajet à vélo, une répétition et un restaurant, elle a accepté de nous livrer le journal de cette aventure singulière !

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Avec Lucile Richardot, dans les coulisses de « Giulio Cesare »
"Ils ont testé le volume sonore d’enregistrement de bombardements… hum." © montage, Totale Baroque Magazine

Artiste lyrique 2025 des Victoires de la musique classique en France, la mezzo-soprano Lucile Richardot s’est imposée en quelques années comme l’une des voix les plus intéressantes de la scène baroque et contemporaine. Révélée par les ensembles Correspondances et Pygmalion, elle collabore aujourd’hui avec les plus grands chefs, de Sébastien Daucé à Emmanuelle Haïm, en passant par Vincent Dumestre. Ses derniers albums, Perpetual Night (2018) et Northern Light (2025), ont été salués pour l’intensité de son interprétation de la musique anglaise et germano-suédoise du XVIIᵉ siècle. Aventurière des répertoires, elle passe avec aisance de Monteverdi à Berio , du récital intimiste – avec les clavecinistes Jean-Luc Ho et Philippe Grisvard, ou encore avec les pianistes Anne de Fornel et Adam Laloum – aux grandes scènes internationales. L’été dernier, la critique saluait son interprétation de Cornelia dans Giulio Cesare à Salzbourg. Une mise-en-scène de Dmitri Tcherniakov étant toujours une aventure, Lucile Richardot a accepté de nous livrer le journal de ses péripéties autrichiennes.

Salzbourg, 5 juillet

Je commence ce journal de bord au premier jour au plateau. On est alors en fin de deuxième semaine de répétitions pour moi, troisième semaine voire un peu plus pour les autres.

Premier jour aussi du Tour de France cycliste.

Premier jour d’essai de la machine à laver partagée dans la buanderie commune, tradition germano-suisse-autrichienne oblige !

Encore un après-midi pas simple scéniquement… un peu de souffrance physique, et de désarroi psychologique, pourquoi je n’arrive pas à choper les tops, à mémoriser le jeu… certes c’est tout frais, on découvre la mise en scène et il faut vite reproduire les indications alors que le continuo vient d’arriver et que tout le monde attend que je sois enfin en place. Rien de pire que de devoir agir scéniquement alors qu’on est en situation de rôle muet, encore moins d’excuses de pas y arriver alors qu’on n’a rien à chanter… mais justement je connais moins la musique des solos des autres que de mes propres airs.

21h : on va « débriefer » avec quelques français de la prod et d’une autre, voisine… c’est-à-dire qu’on va manger et boire un verre ensemble pour décompresser et ne pas s’en retourner tout seul à broyer du noir ou à se repasser le film de ce qui n’a pas fonctionné, dans la solitude de son hébergement éloigné… !

23h30 : la petite heure de conservation/conversation téléphonique avec mon galant…

Angel

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