Camille Delaforge, la musique à bras-le-corps

→Cheffe d’orchestre, Camille Delaforge raconte son parcours et ce qui l’a menée à créer à l’âge de 29 ans son propre orchestre, Il Caravaggio. Entretien avec une fervente défenseuse de la musique comme puissance émancipatrice.

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Camille Delaforge, la musique à bras-le-corps
Camille Delaforge lors de l'enregistrement de l'Opéra "Pigmalion" à Versailles, le 24 octobre 2024 © Émilie Brouchon

Danseuse et pianiste de formation, Camille Delaforge découvre la musique baroque à travers le clavecin, un instrument qui l’amène à explorer les codes, les couleurs et l’imaginaire sonore des XVIᵉ, XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. En 2017, à 29 ans, elle fonde l’ensemble Il Caravaggio, réunissant chanteurs et instrumentistes baroques, avec une double ambition : révéler des partitions et compositeurs injustement oubliés, et faire dialoguer le grand répertoire avec ces découvertes, tout en rendant la musique classique accessible à tous. Entretien avec une cheffe passionnée et déterminée.

En 2017, vous avez décidé de fonder votre ensemble Il Caravaggio. Comment s’est passée cette aventure ?

Camille Delaforge : J’ai toujours eu le désir de fonder un ensemble, mais je voulais d’abord prendre le temps de me forger une véritable expérience, de me nourrir de différentes approches musicales. Pendant près de dix ans, j’ai travaillé auprès de plusieurs formations, notamment au sein du Poème Harmonique avec Vincent Dumestre. Il me paraissait essentiel de ne pas me lancer prématurément dans une aventure aussi exigeante que celle de la direction d’ensemble. J’ai commencé par de petites initiatives, des projets ponctuels, souvent sans ligne directrice très définie. Nous avons défendu des programmes dans différents lieux, parfois modestes, et peu à peu, le projet a pris forme, s’est structuré, jusqu’à devenir une formation professionnelle à part entière. Quant aux musiciens, ce sont des artistes avec lesquels j’ai déjà collaboré, certains rencontrés lors d’auditions, d’autres pendant mes études. J’ai toujours eu à cœur de constituer un ensemble où la diversité des parcours, des sensibilités, trouve toute sa place. 

Créer un ensemble baroque aujourd’hui, qu’est-ce que cela implique concrètement, au-delà de la direction artistique ?

C. D. : C’est un engagement artistique fort, mais c’est aussi une aventure administrative, humaine et logistique. Il faut monter une association, rédiger des dossiers, chercher des financements, convaincre des partenaires. C’est un milieu où l’on doit constamment justifier ses choix, affirmer la singularité de sa démarche, démontrer sa légitimité. Tenir un projet sur la durée exige une vision, une ténacité, mais aussi une vraie rigueur dans la gestion.

Il Caravaggio © Festival de Saint-Denis, Christophe Fillieule
Angel

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