François Lazarevitch & les Musiciens de Saint-Julien

Beauté barbare

→François Lazarevitch et ses Musiciens de Saint-Julien ont réussi à faire de leurs parutions discographiques des événements que l’on guette chaque année.

Beauté barbare

Pourquoi ce titre ?

François Lazarevitch : La « véritable beauté barbare » des musiques que Georg Philipp Telemann découvre à l’occasion d’un voyage en Silésie (Pologne) en 1705, suscite en lui un vif enthousiasme. La description qu’il fait des musiciens locaux et notamment des sonneurs de cornemuse, est un moment savoureux de son autobiographie. Telemann est fasciné par leur « inspiration merveilleuse lorsqu’ils se livrent à leur fantaisie, dès que les danseurs se reposent », au point que « quelqu’un d’attentif pourrait en huit jours leur prendre des idées pour toute une vie ». C’est exactement ce que fit Telemann, s’inspirant abondamment de ces mélodies si typées pour les « habiller d’un costume italien avec adagios et allegros alternés. »

Votre intérêt pour ces musiques ?

F. L. : Bien sûr, ces mots de Telemann ont d’emblée attisé mon imagination. Et l’attrait particulier que suscite en moi ces œuvres au goût « sauvage » m’a donné envie de confronter dans un même programme une diversité d’autres sources : les danses polonaises et hanaques collectées par Telemann (manuscrit de Rostock), des musiques populaires anciennes de l’Europe de l’Est extraites du manuscrit Uhrovska (musiques « gypsies » vers 1730, Slovaquie), ainsi que des musiques traditionnelles de Pologne, de Moravie, de Slovaquie, de Roumanie, dont les mélodies et les rythmes sont restés proches de ceux entendus par Telemann…

Votre choix d’interprétation ?

F. L. : La voix chaude et souple d’Hélène Richaud se prête parfaitement aux chansons traditionnelles polonaises et moraves. Le cymbalum de Iurie Morar trouve tout autant sa place dans ces musiques traditionnelles qu’il connait bien, que dans les œuvres baroques dont l’écoute se trouvera renouvelée. Je laisse également vibrer mes racines paternelles en jouant sur une petite flûte serbe (frula) certaines de ces mélodies à la virtuosité jubilatoire. Pour moi, il ne s’agit pas de rechercher « l’authenticité » des pratiques musicales évoquées par Telemann, mais simplement de goûter au plaisir de cette énergie intemporelle et créer un objet artistique nouveau, poétique, réjouissant et coloré. Ce projet surprise nous mène dans des territoires où personne ne nous attend et nous fait tous bien voyager…

Revue de presse Revue de presse


« Ici, le « savant » tend la main au « populaire » sans condescendance et de la plus bouleversante des façons. Ce disque renversant nous guérit, un temps, de la bêtise humaine. »

Christophe Huss – Le devoir Montreal

« Ce son boisé, cette pulsation, cette énergie. Certains passages rappellent de loin la bande-son du Grand Budapest Hotel de Wes Anderson. D’autres sonnent comme si « The Velvet Underground » y avait participé […] En somme, un plaisir sans fin ! »

Tobias Stosiek – RADIO BR KLASSIK – Allemagne

« Les Musiciens de Saint-Julien savent non seulement ce qu’ils disent, mais aussi comment le dire… Sous leurs doigts, les inspirations de Telemann reprennent vie de façon tout à fait captivante. »

Pawel Szczepanik – Radio Krakow Culture – Pologne

« Le CD est un pont entre l’Est et l’Ouest, ainsi qu’entre les siècles. Parfois fracassant, parfois élégiaque, parfois exalté, parfois profond. – Barbarement bon. »

Sven Kerkhoff – musikansich.de

« Je n’ai jamais entendu un Telemann aussi animé (…) un merveilleux CD pour la musique du monde et les fans de classique ! »

Jan ritterstaedt – RADIO WDR 3 – Allemagne