Né à Clusone en 1626, Giovanni Legrenzi compte parmi les compositeurs les plus influents de la seconde moitié du Seicento italien. Organiste, maître de chapelle, compositeur d’opéras, d’oratorios, de musique sacrée et instrumentale, il mène une carrière qui le conduit de Bergame à Ferrare puis à Venise, où il finit par prendre en 1685 la tête de la prestigieuse Cappella Marciana de la basilique Saint-Marc. Pourtant, son nom reste aujourd’hui beaucoup moins familier que ceux de Monteverdi, Cavalli ou Vivaldi. Le quatrième centenaire de sa naissance offre l’occasion de mesurer ce que le baroque vénitien lui doit.
Fils de Giovanni Maria Legrenzi, violoniste employé à Clusone, il reçoit vraisemblablement de lui ses premières leçons. Entre 1639 et 1643, il fréquente l’Accademia Mariana de Bergame, où les futurs ecclésiastiques suivent notamment une solide formation musicale. En 1645, il devient organiste de Santa Maria Maggiore de Bergame, dont la chapelle connaît alors un véritable renouveau après les difficultés provoquées par la peste de 1630. Ordonné prêtre en 1651, Legrenzi poursuit parallèlement sa carrière de musicien.
Ses premières publications apparaissent au milieu des années 1650 : les Concerti per uso di chiesa op. 1 en 1654, suivis des Sonate a due e tre op. 2 l’année suivante. Ce double visage, sacré et instrumental, restera une constante de son œuvre. Dans ses recueils de sonates, Legrenzi participe à l’affirmation d’un langage instrumental plus autonome, où alternance des mouvements, contrastes de caractères et goût du contrepoint préparent certaines évolutions de la fin du siècle.
En 1656, il devient maître de chapelle de l’Accademia dello Spirito Santo à Ferrare. Ce poste l’introduit dans un milieu aristocratique très actif et lui ouvre les portes du théâtre. Achille in Sciro est créé à Ferrare en 1663 avant d’être repris l’année suivante au Teatro San Salvatore de Venise. Legrenzi entre alors dans l’un des univers lyriques les plus dynamiques d’Europe : depuis l’ouverture du Teatro San Cassiano en 1637, l’opéra public vénitien s’est imposé comme un laboratoire où se rencontrent compositeurs, chanteurs, librettistes, machinistes et entrepreneurs de spectacles.
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