Yukon Early Music (Canada)

Bach sur glace : quand -55° C n’arrête pas la musique ancienne

→Au-delà des aurores boréales qui ont fait la renommée de la région du Yukon, dans le Grand Nord canadien, d’autres lueurs sont apparues en 2025 : celles de la Yukon Early Music, scène musicale émergente, et d’une petite communauté bien décidée à faire rayonner la musique ancienne dans ces terres du grand froid (-55° C !).

loveArticle réservé aux abonnés
Bach sur glace : quand -55° C n’arrête pas la musique ancienne
Au Yukon, cette route gelée et montagneuse mène tout droit vers Bach et Haendel. Preuve qu’aujourd’hui, même au bout du monde, on peut tomber sur un concert baroque ! © Kalen Emsley

Le Yukon abrite les plus hautes montagnes, les vagues de froid les plus extrêmes, ainsi que certaines des plus anciennes traces de peuplement humain en Amérique du Nord. Grizzlis, ours polaires, loups, lynx, aigles et caribous y vivent encore en abondance, dans un paysage à couper le souffle, d’abord habité par des peuples autochtones. Les trappeurs, missionnaires et chercheurs d’or ont suivi, et aujourd’hui, la grande majorité de la population vient d’ailleurs. Toutefois, contrairement à ce que certains imaginent, dans de petites villes comme Whitehorse (30 000 habitants environ), on ne vit pas dans des igloos et on se déplace en voiture, non en traîneau à chiens. Oui, le Yukon occupe une place singulière dans l’imaginaire canadien et peut-être au-delà. Mais la musique ancienne, elle, n’y avait encore jamais vraiment trouvé droit de cité… Jusqu’à aujourd’hui.

Tous les chemins mènent à Whitehorse

« Nous sommes tous arrivés ici pour des raisons différentes », explique C.D. Saint, l’un des fondateurs de Yukon Early Music. Diplômé en musique de l’Université de l’Alberta et formé à la pédagogie musicale à l’Institut Kodály, Saint est venu à Whitehorse, au Yukon , pour travailler pour le gouvernement canadien comme médiateur, tout en constatant que la musique continuait de l’appeler.

Aujourd’hui directeur artistique des Yukon Community Choirs, Saint dirige cinq ensembles. Et la musique est omniprésente dans cette ville en pleine croissance. Avec un orchestre de chambre, un ensemble instrumental et, selon son décompte, au moins douze chœurs différents, l’engagement de Whitehorse envers les arts constitue un puissant facteur d’attraction pour ses habitants. La ville dispose d’un centre de spectacles ultramoderne, et la communauté se distingue par un soutien enthousiaste et généreux, tant sur le plan financier que créatif.

À Carcross, village du Yukon niché entre lacs et montagnes à une heure de Whitehorse, ce pont surplombe un paysage façonné par la ruée vers l’or et abritant le plus petit désert du monde. © Anthony DeLorenzo

La scène musicale locale comprend également Vincent Larochelle, avocat originaire du Québec, venu travailler à l’aide juridique avant de devenir trappeur — et ténor soliste — en parallèle, ainsi que Ben Johnston-Urey, compositeur symphonique et « claviériste à tout faire », selon la formule de Saint. Johnston-Urey a rejoint le Yukon pendant la pandémie pour prendre le poste de directeur musical de l’église luthérienne locale.

Angel

Passionné⋅e de musique ancienne et envie de lire cet article réservé aux abonné⋅es ?

Si vous n'êtes pas abonné⋅e, rejoignez la communauté internationale Total Baroque. Abonnez-vous ici à partir de 5,00€.

Je m'abonne

Si vous êtes déjà abonné⋅e, connectez-vous.

Je me connecte