Une sommité du chant grégorien

À la mémoire de Godehard Joppich

→Il était une sommité dans une discipline fondamentale de l’interprétation historiquement informée — bien que celle-ci n’existât pas encore en tant que telle à l’époque : Godehard Joppich, maître du chant grégorien. Il l’a étudié, interprété, et oui : il en a aussi composé !

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À la mémoire de Godehard Joppich
© Vier-Türme-Verlag

« La discipline reine du chant choral est l’unisson » : c’est du moins ce qu’affirment les amateurs de chant grégorien. Une pratique qui remonterait au pape Grégoire le Grand et qui a marqué la musique liturgique des églises européennes du VIe au XVIe siècle. L’apparition du chant polyphonique à la fin du Moyen Âge et l’usage croissant des instruments de musique n’ont jamais réussi à faire disparaître totalement le chant grégorien. Godehard Joppich en a été l’une des figures marquantes, à la fois comme praticien et comme chercheur. Né le 10 décembre 1932 dans la capitale silésienne de Breslau sous le nom de Reinhard Joppich, il s’est éteint le 19 décembre 2024 à Rodenbach, près de Hanau en Hesse (Allemagne). Total Baroque Magazine lui rend hommage.

Une maxime fondamentale : le grégorien est une prière 

« Les chanteurs qui se sont consacrés à cet art ne faisaient en réalité pas de la musique. Ils n’avaient pas conscience d’en faire. Ils apprenaient à proclamer la Parole de Dieu – sous une forme chantée pour la liturgie. » C’est le genre de déclaration qu’on pouvait entendre lorsqu’on assistait à un séminaire de chant grégorien animé par Godehard Joppich. J’ai moi-même eu cette chance une fois, et je me souviens très bien du charisme que dégageait cet homme discret, d’une modestie profonde.

Angel

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