Lauréate du Premier Prix, du Prix du Public et du Prix Genuin Classics au Concours International Johann Sebastian Bach de Leipzig en 2022, Charlotte Spruit, 25 ans, a été nommée Classic FM Rising Star en 2024. Plus récemment, en 2025, elle a été désignée « One to Watch » par le magazine Gramophone à la sortie de son premier album, Le Mercure Galant, consacré à la musique de la cour de Louis XIV (Linn Records). Formée à la Guildhall puis à la Royal Academy of Music de Londres, elle a joué avec le Dunedin Consort et The English Concert, et s’est produite en soliste avec l’Orchestra of the 18th Century, La Grande Écurie, le Pauliner Barockensemble et l’Ensemble Esperanza. Elle défend avec ardeur la redécouverte d’un répertoire baroque méconnu.
Comment êtes-vous devenue violoniste ?
Charlotte Spruit : Mon père est pianiste, et ma mère comme ma sœur aînée sont violonistes. Grandir avec deux violonistes à la maison [à Hilversum, aux Pays-Bas], ça m’a donné envie d’en faire autant. J’ai officiellement commencé à quatre ans, mais avant cela je grattais déjà les petits violons qui traînaient à la maison. Je jouais juste pour m’amuser, mais mon enseignante, elle, ne plaisantait pas du tout. Dès le premier cours, c’était du sérieux : de vrais objectifs, de vraies attentes.
Y a-t-il eu un moment où vous n’aviez pas envie de travailler ?
C. S. : Bien sûr ! Pendant mon enfance, il y a eu plein de moments où je n’avais pas envie de travailler. Rien d’étonnant à ça… Mais comme mon enseignante était très stricte, arriver non préparée n’était même pas une possibilité ! Je n’ai jamais eu envie d’arrêter, donc il ne me restait qu’un choix : m’y mettre et y plonger. Je n’ai pas toujours aimé ça, mais j’aimais la musique, j’aimais le violon, et au fond je voulais continuer…
Comment avez-vous découvert le violon baroque ?
C. S. : En deuxième année à la Guildhall [l’un des plus prestigieux conservatoires du Royaume-Uni], je pouvais choisir une seconde discipline. Me mettre au violon baroque, c’était un peu fou : je n’avais jamais joué sur cordes en boyau… Mais le violoniste et chef Pavlo Beznosiuk enseignait là-bas et c’est un artiste que j’admire beaucoup. Je me suis dit : “Allez, je tente l’audition, qu’est-ce que je risque ?” Eh bien, il se trouve que ça a été très difficile : comme j’ai l’oreille absolue tout sonnait un demi-ton trop bas… J’avais donc vraiment du mal à jouer juste ! Il m’a fallu un an, peut-être plus, pour m’y faire.

A ce moment-là, je n’aurais jamais imaginé en jouer autant aujourd’hui, je me disais plutôt que ça allait beaucoup m’apporter pour le violon moderne. J’ai joué davantage de violon baroque en entrant à la Royal Academy of Music, avec Pavlo [qui y est également professeur] et Rachel Podger. Pavlo m’a dit un jour de tenter le Concours Bach. J’ai trouvé l’idée complètement folle : me présenter à un concours pareil avec un violon baroque ? Et puis je l’ai fait… et j’ai gagné le premier prix ! Je n’en revenais pas…
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