L’histoire d’un clavecin très catholique 2/3

Des indices sous le vernis 

→La grande enquête sur l’origine de son clavecin menée par notre auteur Michael Günther se poursuit ! 

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Des indices sous le vernis 
© Michael Günther

En 1994, le claveciniste, pianofortiste, collectionneur et chercheur Michael Günther achète sur un coup de tête un vieux clavecin lors d’une vente aux enchères en Belgique. Il était loin de se douter que débutait pour lui une véritable enquête longue de plusieurs années afin de découvrir d’où venait cet instrument et qui l’avait fabriqué. Une recherche musicologique aux allures de polar.

Une visite au Deutsches Museum de Munich auprès de Hubert Henkel a permis de confirmer que les plus anciens éléments fondamentaux de mon instrument remontaient au XVIIe siècle. Il ne faisait aucun doute que sa tessiture avait été étendue par la suite, comme le notait Nicomede Agati en 1815. Henkel estimait que, vu la qualité de l’instrument, il fallait espérer, avec un peu de chance, trouver au moins un autre instrument du même « facteur » (Cembalaro) pour faciliter une éventuelle restauration. Je posais prudemment la question : « Pensez-vous qu’une restauration soit justifiée et envisageable ? ». S’ensuivit une longue discussion. Déjà à cette époque, on débattait de la question de savoir si les clavecins anciens devaient vraiment être restaurés, ou simplement conservés, afin de préserver leur état comme document pour la postérité.

Restaurer ou conserver ? 

Qu’une restauration ne puisse être entreprise qu’avec des interventions réversibles allait de soi — mais cela peut-il toujours être garanti ? Et si un clavecin doit être restauré, dans quel état faut-il le remettre ? Dans celui d’origine, tel que voulu par son auteur initial, ou dans un état postérieur ?

Une opinion déjà largement répandue était : conserver l’instrument dans son dernier état, pour préserver les précédents. Nous pensions aussi que mon instrument avait sans doute de meilleures chances de traverser les siècles s’il était soigneusement restauré et joué, que s’il continuait une existence instable et périlleuse, au fil des successions, ventes et autres déménagements. Et après tout, le son et les qualités de jeu n’ont-ils pas eux aussi le droit d’être étudiés ?

En résumé : la question de la restauration ou de la conservation doit toujours être tranchée au cas par cas, après examen approfondi de l’instrument.

Angel

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