Journal d’un médecin sopraniste (2/3)

Philipp Mathmann : slalomer entre médecine et musique

→Il se produit sur les plus grandes scènes d’opéra et de concert, mais Philipp Mathmann exerce aussi un autre métier particulièrement exigeant : médecin. Cette double vie enrichit son quotidien, le rend plus dense… même si les deux sphères entrent parfois en collision !

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Philipp Mathmann : slalomer entre médecine et musique
"A chaque endroit où je travaille régulièrement, il me faut un lieu pour chanter. C’est un triangle logistique entre Münster, Minden et Berlin. Trois lieux. Trois mondes." © Paul Metzdorf
Série
Tous les épisodes :
  1. Partie 1 :

    Philipp Mathmann : quand la voix ne répond plus

  2. Partie 2 :

    Philipp Mathmann : slalomer entre médecine et musique

  3. Partie 3 :

    Philipp Mathmann : de l’OMS à David & Jonathas

Sopraniste et contre-ténor, Philipp Mathmann jongle avec de nombreuses responsabilités : en parallèle de sa carrière de chanteur, il est médecin chef de clinique en phoniatrie et audiologie pédiatrique au Centre hospitalier universitaire de Münster, professeur, engagé politiquement et bénévole, tout en menant une vie de famille intense. Dans ce journal, il nous ouvre les coulisses d’un quotidien foisonnant, souvent épuisant. Mais jamais ennuyeux !

6-12 octobre Minden, la médecine et l’équilibre des rôles

Lundi matin, 5 h. Je prends la route pour le centre hospitalier universitaire de Minden, où j’assure différents actes spécialisés en médecine vocale, opératoire comme conservatoire, ainsi que des consultations pour enfants. Mais surtout, j’y termine actuellement ma seconde spécialité en oto-rhino-laryngologie. J’y passe la semaine entière : blocs opératoires, consultations spécialisées, un cours sur les troubles de la déglutition pour les externes en fin d’études, et une garde de vingt-quatre heures.

Le travail médical possède sa propre gravité. Il ramène dans l’instant présent, au point de faire oublier un moment que, dans une autre partie de ma vie, je monte sur scène pour faire de l’art. Quand je suis artiste, je suis artiste ; quand je suis médecin, je suis médecin. Avec les années, j’ai appris à tracer nettement la frontière entre ces rôles, pour ne pas me perdre moi-même et ne pas épuiser mon entourage.

Après les journées de clinique, je me rends pourtant chaque soir dans mon studio de répétition à Minden. J’ai compris qu’à chaque endroit où je travaille régulièrement, il me faut un lieu pour chanter. C’est un triangle logistique entre Münster, Minden et Berlin. Trois lieux. Trois mondes.

Je dois annuler un dîner avec des amis. L’apprentissage des programmes et la préparation vocale pour Berlin et Fribourg passent avant tout. La discipline n’a rien d’héroïque : elle est simplement nécessaire.

Angel

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