Amanda Forsythe, de Boston Baroque aux Grammy Awards

→« Être au bon endroit au bon moment » : à l’heure où son disque Ino de Telemann vient de remporter un Grammy Award, la soprano Amanda Forsythe revient sur vingt-cinq ans de carrière, de Boston à Covent Garden, et sur les choix très concrets qui ont façonné sa trajectoire.

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Amanda Forsythe, de Boston Baroque aux Grammy Awards
Belmont10/08/20 Soprano Amanda Forsythe had COVID in February and now will be appearing in a virtual Handel and Haydn Society concert next week.Photo by John Tlumacki/Globe Staff(arts)

Née à New York mais étroitement liée à la scène de Boston, Amanda Forsythe s’est imposée comme l’une des grandes voix du baroque. Fidèle à Boston Baroque et au Boston Early Music Festival, invitée au Rossini Opera Festival comme au Royal Opera House, elle voit aujourd’hui son enregistrement Ino (label Classic Produktion Osnabrück) gagner le prix du “Meilleur album vocal classique solo” aux Grammy Awards 2026. Dans cet entretien, elle évoque ses débuts, ses fidélités artistiques, la maternité, la pandémie et son attachement indéfectible à deux siècles de répertoire baroque.

Tout commence à Boston

« Dans ce métier, beaucoup de choses tiennent au fait d’être au bon endroit au bon moment. Et j’y ai certainement été. » C’est Amanda Forsythe qui parle, alors qu’elle approche du quart de siècle de carrière professionnelle dans un milieu notoirement exigeant. Elle fait preuve de modestie, bien sûr : il n’y a pas que le hasard qui ait fait d’elle une interprète aussi lumineuse du répertoire baroque. Un talent naturel peu commun (une voix de soprano qualifiée d’« aussi pure qu’une eau de source », « chatoyante et souple ») et un travail technique acharné ont joué un rôle décisif.

Je l’admire depuis presque aussi longtemps qu’elle chante professionnellement, mais je la « rencontre » pour la première fois lors d’un entretien Zoom. L’image me surprend presque : où sont la perruque poudrée, la couronne et la vaste jupe à panier d’Ino de Telemann, reine de Béotie ballottée par les flots, dans laquelle je l’ai vue en juin dernier à Caramoor ? À l’écran, sans apprêt, les cheveux châtains tombant en ondulations souples sur les épaules, elle sirote tranquillement une boisson à la paille et évoque davantage une jeune héroïne de cinéma hollywoodien des années 1950 qu’une tragédienne baroque.

Le « bon endroit », pour elle, ce fut le Boston du tournant du siècle, ville à laquelle on l’associe si étroitement que je l’imaginais native du Massachusetts. Pas du tout : elle est née à New York, a vécu à Manhattan, sur Roosevelt Island dans l’East River, puis à Long Island avant de partir étudier à Poughkeepsie, au Vassar College. Boston est venue ensuite. « Le New England Conservatory était l’un des rares établissements qui m’ont acceptée en master. Ma sœur vivait déjà à Boston et elle était enceinte. Je me suis donc installée ici, où il y avait énormément d’ensembles spécialisés dans la musique ancienne, et j’ai commencé à être engagée peu à peu. En réalité, je n’ai pas spécifiquement étudié le baroque, j’ai suivi un cursus plus général d’interprétation. Mais comme je n’ai pas été admise au programme d’opéra du NEC, ça m’a poussée à auditionner ailleurs. »

Angel

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