Connaissez-vous les ensaladas de Mateo Flecha « el Viejo » ? 

→C’est un paradoxe espagnol : Mateo Flecha respecté maître de chapelle à Valence est aussi le maitre d’un genre musical plus profane, les Ensaladas. 

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Connaissez-vous les ensaladas de Mateo Flecha « el Viejo » ? 
Vertumnus – G. Arcimboldo (1590)

Compositeur et maître de chapelle de la cathédrale de Valence (Espagne) au XVIe siècle, Mateo Flecha « el Viejo » (“le vieux”) était aussi le maitre des ensaladas, des compositions vocales profanes de type pot-pourri, mêlant chansons et dialogues. La musicologue Maricarmen Gómez nous raconte l’histoire de ce compositeur alors que l’ensemble espagnol Cantoría remet les ensaladas au goût du jour dans une série de concerts à travers l’Europe. 

Qui est Mateo Flecha “le vieux” ? 

Digne successeur de Juan del Encina, poète, compositeur et premier dramaturge important dans l’histoire du théâtre espagnol, Mateo Flecha (v. 1481–1553 ?) fait partie de ce cercle restreint de compositeurs espagnols de la Renaissance qui se sont illustrés avant tout par leurs œuvres en langue vernaculaire, plutôt que par leur production sacrée en latin, et ce malgré son statut de clerc. Sa carrière reste relativement obscure jusqu’à sa nomination en 1526 comme maître de chapelle de la cathédrale de Valence, au moment même où les ducs de Calabre, Ferdinand d’Aragon et Germaine de Foix, veuve de Ferdinand Ier le Catholique, s’installent dans la ville en tant que vice-rois du royaume. 

Gravure © DR

À la Renaissance, il était courant en Espagne que les maîtres de chapelle et autres musiciens au service des institutions religieuses composent des villancicos, en dehors du répertoire liturgique. Ces chansons, tant sacrées que profanes, jouissaient d’une grande popularité et s’inscrivaient dans les modèles hérités de l’école franco-flamande, souvent marqués par une homophonie aux accents médiévaux. Flecha ne fait pas exception. Les premières œuvres qu’on lui attribue sont huit villancicos profanes, certains au ton picaresque, d’autres de Noël, et qui ont la particularité d’avoir été écrits tant pour le texte que pour la musique par le compositeur lui-même — une tradition qui disparaîtra pratiquement avec lui. 

Angel

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